Questions & réponses

Cette page est la vôtre et celle de tous les amateurs de vin. J’y afficherai vos questions, vos commentaires et vos propres notes de dégustation. Vous pouvez me les faire parvenir en m’écrivant à info@bacchuseriesdemariefrance.com ou en ajoutant un commentaire directement sur cette page.


Commentaire : Bonjour. Merci pour votre article sur le Sulfite. Il existe un livre de Arnaud Immele qui s’intitule LES GRANDS VINS SANS SULFITE 1er traité de vinification sans sulfite http://store.oeno.tm.fr/libfr/pratiques/sulfites.html. L’auteur est porté par la conviction que produire du vin sans sulfite demande de redoubler de rigueur. La baisse des sulfites doit être planifiée et réfléchie dans une stratégie de vinification où chaque étape est préparée au non-sulfitage. Arnaud Immélé partage ainsi sa longue expérience, ordonne ses observations et fait référence à de nombreux travaux de recherche et bancs d’essais.
…vers une autre approche possible de l’œnologie. Au-delà de l’élimination des sulfites, ce qui rend cet ouvrage particulièrement intéressant et même passionnant, c’est que l’on y découvre une autre approche de l’œnologie et des propositions pour l’élaboration de meilleurs vins, pour une meilleure expression du terroir et de la typicité. Je vous le conseil aux éditions oenoplurimedia pour le commander http://store.oeno.tm.fr/libfr/pratiques/sulfites.html

Boulbes


Commentaire : Bonjour, Cela fait quelques temps que j’avais remarqué que le taux d’alcool dans le vin avait grimpé… Ce qui m’étonne, c’est que personne ne le remarque ! Quand j’en parle à des amis (ce qui énerve mon mari qui se lasse de cette question), j’ai un grand sentiment de solitude. Personne en me croit lorsque je raconte  que petite, avec ma copine on achetait en casier des bouteilles de vin pour son père qui chiffrait au mieux 10°. Et lorsque mes parents goutaient du vin du Sud Ouest à 13 °, ma mère avait peur de rouler sous la table et craignait le mal de crâne ! Aujourd’hui j’ai du mal à trouver un vin à 12°. Récemment j’ai acheté un petit rosé Bio (Domaine des Cardounette) à 10,5°… le vin est loin d’être exceptionnel, mais quel plaisir de pouvoir boire tout au long du repas sans finir complètement paf. Résolue à trouver une explication claire, ou au moins, quelqu’un qui partage cette réflexion, j’ai fini par taper dans Google : augmentation du degré d’alcool dans le vin et j’ai atterrie sur votre site, qui annonce Taux d’alcool dans le vin : c’est la débandade enfin ! Alors merci pour votre article. Je vais pouvoir argumenter en citant votre article… merci aussi de dénoncer cette standardisation du goût. Ras le bol, du “fût de chêne » qui fait joli sur les étiquettes… mais colle au palais. J’espère que bientôt, les viticulteurs comprendront que le plaisir de boire du vin est aussi dans la simplicité, le partage, et pas seulement pour la frime en tournant son vin dans son verre avec une moue condescendante. Merci aussi à Google, grand créateur de relations.

Isabelle


Commentaire : Bonjour Marie-France. Juste pour te dire que nous avons été agréablement surpris par ton coup de coeur rouge du 10 juin – Juniper Crossing. Avec un « twist cap », j’avoue que j’avais un peu de doute. Mais la surprise fut très agréable. Qualité/ prix ce vin est à mon sens excellent. J’ignore combien d’heures tu investies dans ce site mais je suis toujours heureux de te lire.

Normand 


Question : Félicitations pour le site, j’aime beaucoup les informations que l’on y retrouve. Ta chronique sur les Mas La Plana m’a plu énormément. Tout récemment, moi et quelques amis ont justement participé à une verticale de Mas La Plana que nous avons organisée. Voici les années que nous avons dégustées : 1989, 1991, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000. Notre appréciation des vos ce ressemble beaucoup. Mais je me demandais si tu avais eu la chance d’essayer le 1999 et 2000 depuis ta dégustation? En fait de groupe de dix que nous étions, cinq on préféré le 2000. Il semble beaucoup plus du style nouveau monde que du vieux continent. J’aimerais bien connaître ton avis?

Daniel

Réponse : Je n’ai pas encore eu la chance de déguster le Mas La Plana 2000, mais j’ai effectivement ouvert une bouteille du millésime 1999 il y a plusieurs mois. Tout comme vous, j’apprécie beaucoup la plénitude, la générosité et la structure du Mas La Plana. Le 1999 est encore très fougueux à cause de son jeune âge, mais il a le potentiel de vieillir en beauté et de continuer à nous épater pendant une décennie, sinon deux.

Merci pour votre courriel. Ça me fait toujours plaisir lorsqu’un amoureux du vin partage ses découvertes avec moi!!

Marie-France 


Question : Bonjour, j’ai lu votre article sur Internet concernant le salon des vins de Montréal. Vous dites de vous contacter pour savoir comment se procurer des vins en importation privée. J’aimerais avoir vos recommandations pour des vins de garde en importation privée et comment se les procurer.

Normand

Réponse : Veuillez consulter mon billet sur les importations privées en cliquant ici.

Marie-France 


Question : Bonjour, à deux reprises et par hasard, j’ai eu l’occasion de boire un vin qui m’a beaucoup plu dans 2 restos différents : Le pied de cochon et Le bouchon de liège. Il s’agit du Pic-St-Loup, Clos Marie, L’Olivette 2004, d’importation privée. Comment savoir qui importe ce vin ici, et m’en procurer. J’ai beaucoup cherché dans la liste des vins des agences, sans succès. Et dans l’avenir, si cela se reproduit… comment faire?

France

Réponse : Étant donné le grand nombre d’agences au Canada, il peut s’avérer en effet difficile de trouver celle qui importe le cru qui vous intéresse. Dans ce cas en particulier, la meilleure façon reste de demander au propriétaire ou au responsable de la carte des vins du restaurant. Il est possible qu’il/elle l’importe via une agence, mais il est également possible qu’il/elle l’importe directement du vigneron, ou qu’il/elle ait achetée une collection privée. Bonne chance!

Marie-France 


Question : Un vin composé de 3 cépages est-il d’aussi grande qualité qu’un autre fait avec un seul cépage? Doit-on plutôt choisir un vin avec un seul cépage?

Murielle

Réponse : Excellente question. En bref, la qualité du vin n’est aucunement liée au nombre de cépages qui servent à la production du vin. Le choix du ou des cépages est uniquement une question de style.

Marie-France 


Commentaire : Votre site… Je le trouve très intéressant et bien fait avec beaucoup de références. Je me demande toujours pourquoi on s’acharne à marier vins et mets. Lorsque je bois un grand vin, je le bois sans manger. Dernièrement, j’ai bu un Clos de Tart 1988, supposément passé date selon les connaisseurs. C’est un des meilleurs vins que j’ai bu à date. J’ai déjà bu un Hautbrion 90, Latour en verticale. Il me semble qu’il les dépassait tous. Dès que je m’aperçois qu’un vin est très bon, je ne prends aucune nourriture. Je ne comprends toujours pas pourquoi les gens s’acharnent à trouver des accords vins mets. Je trouve que Chartier exagère un peu trop à mon goût. Qu’en pensez-vous… J’aime beaucoup votre site et vos commentaires, on sent que le vin est une véritable passion chez vous. Je le préfère à Crus et Saveurs.

Réal 


Question : Bonjour, une petite question. J’ai des amis qui sont à se construire et, bien attendu, ils ont fait faire des armoires et le fabriquant a eu l’idée de faire un petit cellier de deux bouteilles de largeur « à la droite au-dessus de la cuisinière ». Que pensez-vous de ça? Votre opinion serait appréciée …Merci.

Réponse : Si vos amis cherchent à faire vieillir le vin sur une longue période de temps, c’est-à-dire plus d’an un, il serait mieux que les bouteilles soient entreposées dans un endroit à l’abris de la lumière, des vibrations, des fortes odeurs, de la chaleur et des variations importantes et constantes de température. L’endroit suggéré par le fabricant d’armoire n’est pas idéal à cette fin.

Toutefois, si vos amis ne cherchent qu’à entreposer de façon temporaire les bouteilles qu’ils ouvriront sous peu, cette solution est convenable, en autant que le vin ne souffre pas de la chaleur générée par la cuisinière.

Marie-France 


Question : Bonjour, je désire connaître quel vin il faut servir avec une pintade à l’antillaise (servie avec des fruits marinés). Merci de me guider dans mes recherches.

Denis

Réponse : Les pintades aux fruits exotiques (par ex., la mangue) se marient mieux avec les vins blancs tels qu’un Côtes du Rhône blanc, un Tokay Pinot Gris alsacien ou un viognier du Nouveau Monde. Les pintades aux fruits plus foncés (par ex., les pruneaux) s’accordent bien avec les vins rouges au centre fruité, peu ou modérément corsés et peu tanniques, tel un vin rouge de la Loire (Anjou, Saumur-Champigny, Chinon), un Bourgogne générique ou un Barbera d’Alba (Piémont). Toutefois, les recettes antillaises s’avèrent souvent très épicées : si c’est le cas avec votre recette, allez-y plutôt avec un vin rouge tel qu’un Costières de Nîmes, un Côtes du Rhône ou un merlot chilien.

Marie-France 


Question : Bonjour Marie-France. Il y a longtemps que je pense à contacter quelqu’un qui connaît bien l’univers du vin pour lui poser quelques questions. Et le hasard (merci internet!) fait que je tombe sur vous. Pour ne pas trop vous déranger, j’essaie de résumer rapidement le tout : j’ai trente ans, j’adore le vin, je lis beaucoup sur le sujet, j’ai un énorme plaisir à le consommer et, comme vous et Proust (hé! hé!), j’éprouve beaucoup de bonheur à faire des « voyages olfactifs ». Voilà la question : depuis un an, j’hésite parfois à laisser ma carrière pour me « lancer dans le vin ». Mais quelles sont les possibilités offertes au Québec? Et je dois ajouter – ce qui ne simplifiera pas vraiment la problématique – que j’ai horreur des vendeurs, je suis un peu socialiste sur les bords et je crois que je ne serais pas heureux dans un univers trop commercial. Que puis-je rêver de faire? Merci de votre attention. NB. : J’ai parcouru votre site avec beaucoup de plaisir. Vos descriptions m’ont semblé justes, raffinées et évocatrices (j’aime bien aussi le fait qu’il n’y ait pas de SCORE – vive les mots!). Alors, je vous dis bravo.

Nicolas

Réponse : C’est avec grand plaisir que j’ai lu votre courriel : il dénote une réelle passion pour les plaisirs de Bacchus.

Votre intérêt pour une seconde carrière dans le merveilleux monde vinicole est tout à fait compréhensible étant donné votre amour du vin. Les possibilités sont infinies et ne dépendent que de vos aspirations. Ne sachant pas exactement ce qui fait vibrer vos cordes, je vous suggère néanmoins quelques pistes d’exploration :

– La sommellerie : les sommeliers non seulement conseillent les clients sur les meilleurs accords mets-vin, mais ils/elles sont également responsables de bâtir la cave d’un restaurant et de développer la carte des vins. Il faut toutefois aimer profondément le public et les heures de travail (il n’y a pas beaucoup de sommeliers qui travaillent du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00). Détenir un diplôme en sommellerie aidera grandement votre carrière.

– La vente : Vous pourriez devenir conseiller vinicole à la SAQ. À la SAQ, il faut toutefois commencer au bas de l’échelle, les heures sont parfois irrégulières, le salaire peu attrayant et il faut aimer traiter avec le public. Toutefois, vous n’avez pas besoin de formation spécialisée et, avec les années, vous pourriez acquérir une expertise qui sera respectée de tous les amateurs de vins de votre région.

– La représentation : Vous pourriez devenir représentant d’un groupe commercial tels que LLC Vins & Spiritueux ou Southcorp Wines Canada. Les représentants des groupes commerciaux font connaître les produits de leurs clients (des vignerons) dans une aire géographique déterminée. Ils s’occupent de relations publiques et organisent des événements vinicoles. Toutefois, étant donné l’information que révélez dans votre courriel ci-dessous, il est possible que vous trouviez ce métier un peu trop « commercial »…

– La communication : Vous pourriez devenir enseignant (dans une école de sommellerie, par exemple) ou partager votre passion par l’écriture, soit en publiant des articles sur le vin, en écrivant un livre, ou même en créant votre site web sur le vin. C’est un domaine qui est fortement compétitif au Québec (croyez-moi), mais avec de fortes habiletés en communication, des connaissances très poussées sur le sujet et une détermination à toute épreuve, il est possible de faire sa marque en communication.

– Le vignoble : finalement, mais non le moindre, vous pourriez vous lancer dans la grande aventure du labeur dans un vignoble québécois. Les vignobles emploient une diversité de professionnels, allant des maîtres de chai aux représentants en marketing, sans compter la main-d’oeuvre manuelle pour la récolte des raisins et l’entretien du vignoble. Si vous avez une bonne tolérance au risque et êtes prêt à vivre de choux maigres pendant quelques années, vous pourriez également fonder votre propre vignoble. Pour explorer plus en profondeur l’option de travailler dans un vignoble québécois, je vous suggère d’en visiter quelques-uns et de vous entretenir avec le personnel et les propriétaires. L’hiver est le meilleur moment pour approcher les vignerons car c’est la période de l’année la moins occupée pour eux.

À ce stade-ci, si vous n’êtes pas tout à fait prêt à prendre une décision quant à votre seconde carrière, je vous suggère de joindre un groupe de dégustation et de participer à leurs activités. Cela vous permettra d’abord de parler à des gens qui partagent votre passion et qui, peut-être, auront vécu l’expérience d’une des professions / métiers ci-mentionné. Vous pourriez également vous impliquer directement dans l’organisation d’activités vinicoles et ainsi explorer une autre facette de ce merveilleux univers.

Je vous souhaite bonne chance dans votre aventure vinicole! 

Marie-France  


Question : Bonjour. À propos de pineau des charentes, je voudrais savoir si c’est un apéro exclusivement  ou s’il peut être pris comme digestif, où pourrais-je trouver un peu d’historique sur ce vin? Merci beaucoup.

Gérard

Réponse : Le pineau des charentes est ce qu’on appelle un « vin de liqueur ». Il provient de la région de Cognac en France et on l’obtient en ajoutant du cognac âgé d’au moins un an au moût (jus de raisin) en début de fermentation. La légende veut que le pineau des charentes ait été produit pour la première fois, par erreur, en l’an 1589 par un vigneron qui aurait oublié du jus de raisin frais dans un fût de chêne contenant un peu de cognac.

Bien qu’on serve traditionnellement le pineau des charentes en apéritif, vous pourriez également le servir en digestif ou avec un dessert peu sucré du genre assiette de fruits frais ou gâteau des anges au coulis de petits fruits. Pour réussir votre accord mets-vin, assurez-vous que votre dessert ne soit pas plus sucré que votre vin, sinon le dessert subjuguera le pineau des charentes.

Un pineau des charentes qui m’a particulièrement plu est la cuvée vieillie 7 ans en fûts de chêne du Château Montifaud. Je l’ai trouvé fabuleusement élégant, profond et équilibré. Il se détaille environ 24 $ la bouteille.

Pour plus d’information sur le pineau des charentes, je vous recommande le site suivant : http://www.pineau.fr/.

Marie-France 


Question : Bonjour, je m’appelle Sandrine, je suis française et évolue dans le secteur viticole. Je cherche à obtenir toutes les informations possibles sur le vin canadien et québécois. Le but de ma recherche étant d’évaluer, au final, une possible exportation de ma production de boutures de vignes certifiées vers votre pays. J’ai fait de multiples recherches sur le net afin de trouver des informations  mais je n’ai toujours pas trouvé ce qui m’intéresse le plus pour l’instant. En l’occurrence l’histoire du vin au Canada.

Un clin d’oeil à nos amis français

J’aimerais par exemple connaître les dates de plantations, de récoltes, savoir si l’art du vin diffère de beaucoup avec la France dans les dates ainsi que dans la technique. Je vous serais reconnaissante si vous pouviez m’indiquer des adresses de sites pouvant combler mes lacunes ou bien si vous êtes d’accord, peut-être pouvez vous m’éclairer sur la question. C’est avec plaisir que je suis à votre disposition si je peux vous apporter de quelconques  informations concernant le monde viticole français auquel je m’intéresse beaucoup. Je suis domiciliée dans la région des Côtes du Rhône entre Tain l’Hermitage et Châteauneuf du Pape. Peut être pouvons nous échanger des informations sur un secteur qui nous est commun? Dans l’attente du réponse de votre part. Amicalement,

Sandrine

Réponse : L’histoire du vin au Canada est beaucoup plus jeune que celle de votre pays et il n’existe pas autant de sources d’information qu’en France.

La production vinicole au Québec (troisième zone viticole en importance au Canada) est encore très artisanale et se concentre sur des vignes indigènes des familles vitis labrusca et vitis riparia de même que sur des vignes hybrides (par exemple, maréchal foch, seyval, cayuga, geisenheim) car celles-ci sont plus résistantes au froid que les vignes de la famille vitis vinifera. Il faut toutefois noter que les vins issus de ces vignes indigènes ne donnent pas les mêmes résultats qualitatifs que ceux issus de vignes vitis vinifera.

Les deux premières zones viticoles en importance au Canada sont la Péninsule du Niagara (en Ontario) et la vallée de l’Okanagan (en Colombie-Britannique), lesquelles bénéficient d’un climat plus tempéré qu’au Québec. La production viticole de ces deux régions est bâtie principalement sur des vignes de la famille vitis vinifera et donnent des résultats de plus en plus intéressants au plan qualitatif, surtout grâce aux investissements domestiques et internationaux de ces dix dernières années.

Étant donné que la presque totalité de l’industrie viticole canadienne se situe au Canada anglais, la majorité des sources d’information sont écrites dans la langue de Shakespeare. Vous trouverez les principales sources d’information sur ma page « Liens » et dans mes articles sur les vins canadiens.

L’un des plus grands auteurs canadiens sur le vin est Tony Aspler. Il a écrit un livre intitulé « Vintage Canada » (3e édition, McGraw-Hill Ryerson), lequel est une excellente source d’information sur les vins canadiens. Je ne crois pas qu’il ait été traduit encore.

J’espère que cela vous aide un peu.

Marie-France 


Question : Les WOW!, MIAM, OK et BOF… c’est basé sur tes goûts ou sur ton évaluation du vin du producteur par rapport aux autres vins des autres producteurs de la même région (ou de l’évolution du vin d’un producteur par rapport à lui-même dans des années antérieures) ?

Francis

Réponse : Quelle excellente question! Un dégustateur professionnel juge de la qualité d’un vin en utilisant plusieurs facteurs d’évaluation, mais il/elle doit également prendre en considération des éléments « externes » qui peuvent influencer son habilité à apprécier [plus ou moins objectivement] le vin. Je m’explique.

Il existe plusieurs critères d’évaluation qui permettent de déterminer si un vin est bien fait ou non. Par exemple, la persistance des saveurs en bouche, la qualité du fruit, l’équilibre entre le fruit, l’acidité et les tanins (pour les rouges), le niveau et la qualité des acides (pour les blancs et les rouges), etc. Ces critères s’appliquent à tout type de vin, peu importe les cépages qui le composent ou son appellation d’origine (une appellation est une aire géographique productrice de vin plus ou moins grande, tels que Bordeaux, Médoc et Margaux).

Voici des exemples de questions que je me pose lorsque j’analyse un vin :

  • Y a-t-il harmonie entre les divers éléments du vin (acidité, fruit, tanins) ?
  • Est-il persistant en bouche ?
  • Est-il typique de son appellation ?
  • Est-il typique de son cépage ?
  • A-t-il un bon potentiel de vieillissement ?
  • Est-il bien vinifié (par exemple, a-t-on judicieusement utilisé la barrique de chêne ou cherche-t-on à cacher un défaut quelconque du vin derrière le goût de bois) ?
  • Son prix est-il justifié (généralement, j’essaie de déguster le vin avant de connaître son prix – et même son nom – pour ne pas me faire influencer indûment, mais ça m’arrive de déclasser ou de surclasser un vin à cause de son prix lorsqu’il ne correspond pas du tout à son niveau de qualité) ?

Si la réponse est oui à toutes ces questions, le vin est hautement recommandable et je lui accorde une bonne mention telle que MIAM ou WOW! (là encore, la différence entre MIAM et WOW! dépend de plusieurs facteurs tel que la structure d’ensemble du vin, son élégance, la précision de ses saveurs, etc.). D’un autre côté, si le vin ne rencontre que peu de ces critères, il ne se méritera qu’un OK ou s’il accuse un défaut majeur (par exemple, s’il est trop acidulé ou s’il présente des arômes non désirés, comme le vieux fromage), il se méritera la qualification BOF.

Ce qui est important de se rappeler, c’est que l’appréciation d’un vin n’est pas une science exacte et reste dans l’ensemble très subjective.

Plusieurs facteurs externes peuvent également influencer l’objectivité du dégustateur ou son habilité à analyser le vin. Par exemple :

  • l’environnement dans lequel le dégustateur analyse le vin – un environnement imbibé d’odeurs de nourriture ou de fumée limitera grandement les capacités analytiques du dégustateur;
  • le verre de dégustation lui-même est déterminant : un bon verre (du type Impitoyable, INAO ou Riedel) permettra d’accroître l’expression des arômes du vin;
  • l’état d’esprit du dégustateur au moment de la dégustation – par exemple, si le dégustateur est contrarié ou fatigué, ses habiletés analytiques seront diminuées;
  • les goûts personnels du dégustateur.

Ce dernier point est important. Certains dégustateurs essaieront de vous faire croire qu’ils sont totalement objectifs dans leur analyse. C’est faux et archi-faux! Il est impossible de mettre tout à fait de côté nos goûts personnels : même les plus grands dégustateurs, comme les Michel Bettane et les Robert Parker en sont conscients. L’important est de reconnaître ses propres biais, ce qui permet au dégustateur d’éviter certains pièges lors des dégustations techniques.

Il faut également reconnaître que les goûts personnels de tout dégustateur sont par ailleurs influencés par sa culture. Cela explique pourquoi les Américains et les Australiens ont tendance à favoriser les gros vins qui tachent, les Allemands aiment bien les vins un peu sucrés, les Français apprécient une certaine subtilité dans leurs boissons, etc. Ces « goûts culturels » sont à leur tour influencés par divers facteurs, incluant les traditions culinaires des divers peuples, mais cela est le sujet d’un tout autre article.

Pour terminer, je crois qu’il est important d’éviter le piège de comparer entre eux des vins de différentes appellations. Je crois en effet qu’il est futile d’établir un parallèle entre, par exemple, un Bordeaux et un Chinon, car ces deux vins ne sont pas composés des mêmes cépages, leurs raisins ne poussent pas dans le même type de climat, les vins sont vinifiés dans le respect de traditions vinicoles et culinaires différentes, etc., etc. Il est donc normal que ces deux vins exhibent des personnalités bien distinctes l’une de l’autre.

D’ailleurs, avouons-le, cette diversité propre aux appellations et aux cépages n’est-elle pas à la source de notre plaisir en tant que consommateur de vin ? Cette diversité qui s’adapte à nos préférences, à nos états d’esprit du moment et à nos choix de mets n’est-elle pas à l’origine de notre émerveillement face à cette fabuleuse boisson ? Comme il serait ennuyeux si tous les vins se ressemblaient, n’est-ce pas!

Marie-France 

4 commentaires pour Questions & réponses

  1. Je pense qu’un maximum de monde sera en accord de reconnaitre que Le coin des amateurs | Les bacchuseries de Marie-France soit effectivement un site très sympathique.

  2. Au cas où ce ne serait pas encore fait, pensez à insérer Le coin des amateurs | Les bacchuseries de Marie-France parmi vos archives, parce que ça parait vraiment indispensable.

  3. Le coin des amateurs | Les bacchuseries de Marie-France semble passer ténor dans la mise en évidence de sa culture et pour cela on ne vous gratifiera jamais raisonnablement.

  4. abagendo dit :

    Très intéressant, j’étais moi aussi à la recherche d’une réponse sur le taux d’alcool dans les vins, qui devient affolant, et je suis tombée sur votre blog, clair et bien fait.Merci.

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