Nouveaux arrivages de la LCBO – 17 mars 2012

J’ai dégusté récemment une sélection de produits qui seront disponibles via la section Vintages (où sont vendus les produits plus « haut de gamme ») de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO) à partir du 17 mars 2011, commentés ci-dessous. Cette liste n’est pas exhaustive : la liste complète des produits est accessible via le site web de la LCBO.
 
Tous les prix inscrits ci-dessous sont pour des bouteilles de 750 ml, à moins d’indication contraire, et sont arrondis au dollar près. Certaines de ces fioles sont également disponibles à la Société des Alcools du Québec (SAQ) : le prix y est indiqué avec le code SAQ. La mention « nd » indique soit que le produit sera disponible sous peu à la SAQ et que le prix n’était pas confirmé au moment de la publication de cette chronique, ou alors un autre millésime du même produit est présentement sur les tablettes de la SAQ.
 
Préférablement, vous devriez vérifier la disponibilité des produits avant de vous déplacer à votre succursale puisque les quantités sont parfois limitées.
 
Je vous invite à porter une attention particulière à mes Coup de cœur blanc et Coups de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 17 mars.
 
 

Mon système de notation sur une échelle de 20 points se définit comme tel :

0-10 points — le vin affiche un défaut évident – en règle générale, je ne commente pas ces vins sur mon blog.

11-14 points — le vin est quelque peu déficient au plan qualitatif; malgré cela, si le prix vous convient, il peut vous apporter du plaisir.

15-16 points — cuvée bien vinifiée qui mérite votre attention si le prix vous convient.

17-18 points — cuvée hautement recommandable peu importe la plage de prix.

19-20 points — fabuleuse expérience bachique qui génère des émotions et qui laisse des souvenirs indélébiles.


Vins blancs

AFRIQUE DU SUD

Sauvignon Blanc 2009, Oak Valley, Elgin (16 $) – Cette cuvée presque incolore révèle un bouquet volubile d’où émanent des parfums de pamplemousse blanc et de piment jalapeño, ponctués de tonalités de pois vert et de limette. Le palais, léger sans être dénué de matière, est appuyé d’une vive acidité qui soutient les saveurs fraîches jusqu’à la finale pondérée. Un rassasiant sauvignon blanc typiquement sud-africain et un bon rapport qualité-prix. 16/20

ARGENTINE

Torrontés « Las Perdices » 2010, Bodega Juan Muñoz Lopez, Mendoza (13 $) – Cette fiole peu colorée compense son manque d’intensité visuelle par un nez explosif de salade de fruit épicée qui s’étale par la suite au palais sur un ensemble presque sec malgré son fruit insistant. Le tout se conclut joyeusement sur une finale persistante et bavarde. Voilà une cuvée tellement chaleureuse et lumineuse qu’elle me donne l’impression que l’été est à nos portes. Pour cette raison et parce que cette cuvée est une belle représentation du cépage torrontés et, qui plus est, à peu de frais, j’en fais mon Coup de cœur blanc parmi les nouveaux arrivages du 17 mars. 17/20

ESPAGNE

Albariño « Leira » 2010, Pazo Pondal, Rías Baixas (17 $) – Le Rías Baixas est une région du nord-ouest de l’Espagne reconnue pour la qualité de ses vins blancs. Le cépage albariño est une spécialité de la péninsule ibérique (il est aussi connu au Portugal sous le nom alverinho et sert à la production du fameux vinho verde). La cuvée Leira exhale des senteurs de citron et de pomme jaune accentuées d’un soupçon de levure. Le palais, léger, sec et persistant, dévoile une attaque légèrement piquante et un support acide qui donne de l’élan à l’ensemble. 15/20

ÉTATS-UNIS

Chardonnay, Vallée de Napa 2009, Château Montelena, Californie (60 $) – Ce chardonnay de Montelena évoque la pomme verte, le beurre fondu et le chêne grillé heureusement bien intégré au fruit. De jolis échos des arômes s’étalent sur une bouche moyennement corsée qui se conclut sur une finale agréablement beurrée et très persistante. Un beau chardonnay californien, à la fois opulent et équilibré mais, hélas, combien dispendieux. 18/20

FRANCE

Mercurey 2009, Château de Mercey (Domaine Rodet), Bourgogne (23 $) – Le nez affable de ce chardonnay bourguignon évoque la pomme verte et l’amande croquante. En bouche, le vin étale fièrement ses saveurs aussi élégantes qu’un collier de perles et appuyées d’une acidité équilibrante. Léger, droit, net et d’une grande finesse. 17/20


Vins rouges

CHILI

Cabernet Sauvignon 2008, Intrigua, Vallée de Maipo (22 $) – Du verre jaillit un succulent bouquet encensé à la cerise noire et à la fumée. La bouche moyennement corsée dévoile une superbe présence fruitée, des tanins encore juvéniles, une solide structure et une belle allonge des saveurs. L’ensemble s’avère plaisant, convivial et charmant. Du beau vin chilien. 16/20

ESPAGNE

 Gran Reserva 2001, Baron de Ley, Rioja (30 $ / 29 $ SAQ)– Des reflets tuilés sur la couronne annonce d’emblée un vin d’une certaine évolution. Le bouquet,

Salle de dégustation au domaine Baron de Ley.

merveilleusement complexe et exhibant un début d’évolution tertiaire (imputable au vieillissement en bouteille), regorge de parfums de cerise mûre, de prune rouge, d’orge et d’encens exotique. Ce magnifique cru à dominante de tempranillo affiche fièrement une personnalité parfaitement mature, une structure multiétagée, une trame tannique souple, une texture soyeuse et une incroyable profondeur des saveurs : il est maintenant à son apogée. D’un rapport qualité-prix phénoménal compte tenu de son prix et de son âge, il s’impose comme mon premier Coup de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 17 mars (je n’arrivais pas à trancher entre ce vin et le barbera de Chiarlo, commenté ci-dessous). 18,5/20

Inspiración 2006, Valdemar, Rioja (20 $) – À dominante de tempranillo et additionnée de 10 % de graciano, cette fiole ibérique semble parfumée à la prune, à la cerise, à l’orge et au chêne grillé discret. Moyennement corsée et modérément tannique, cette cuvée à la texture sensuelle et à la fin de bouche bavarde est une belle représentation des vins de la Rioja dans cette catégorie de prix. 16/20

ÉTATS-UNIS

Opus One, Vallée de Napa 2008, Robert Mondavi – Baron Philippe de Rothschild, Californie (365 $ / 367 $ SAQ) – L’Opus One, résultat d’un partenariat signé il y a plus de 20 ans entre deux icônes du monde du vin, se démarque par ses odeurs enchanteresses de groseille, de chêne grillé pondéré et de grain de café rôti, légèrement saupoudrées de menthe fraîche. Le tout s’étale sur un palais passablement charnu mais néanmoins distingué. Les saveurs opulentes sont encadrées de tanins encore indisciplinés et se concluent sur une finale puissante. L’Opus One s’avère une cuvée au relief inimitable et s’exprimant avec beaucoup d’assurance; certes du très beau vin mais réservé aux amateurs financièrement bien nantis. 19/20

Pinot Noir, Carneros 2008, Saintsbury, Californie (32 $ / nd SAQ) – Le bouquet très expressif de ce délectable pinot noir évoque la baie des champs traversée d’un fin filet fumé. La bouche, friande et harmonieuse, révèle des tanins souples et une belle persistance des saveurs. L’ensemble est joliment sculpté et d’une grande précision. Voilà un vin de plaisir hautement recommandable. 17/20

FRANCE

Châteauneuf-du-Pape 2009, Château de Beaucastel, Vallée du Rhône (90 $ / nd SAQ) –  Ce percutant et inoubliable flacon du Rhône méridional, à dominante de grenache, dévoile un bouquet séducteur doté de parfums de baies des champs, de torréfaction et de minéral. La bouche, moyennement corsée et tannique, déploie par paliers des saveurs avenantes, bien qu’un peu austères pour l’instant, mais relevées d’un bon support acide. Le vin est encore terriblement ancré dans sa jeunesse et je crois qu’il est présentement dans sa phase ingrate (les humains passent par une phase similaire que l’on appelle l’adolescence), suite à laquelle il révélera toute l’ampleur de sa magnificence. Attendez au moins cinq ans, plus si vous avez une volonté de fer; votre patience en sera grandement récompensée. Beaucastel est l’archétype du Châteauneuf-du-Pape (conjointement avec Château Rayas). 18/20

Beaune Les Champs Pimont 1er Cru 2008, Champy, Bourgogne (44 $ / nd SAQ) – Les arômes de ce pinot noir bourguignon sont dominés par les petits fruits des champs fraîchement cueillis. La bouche, friande et bien orchestrée, affiche des tanins rondelets et une honorable persistance des saveurs. L’ensemble s’avère très convivial et accessible dans sa jeunesse. Plus un vin de consommation immédiate qu’un vin de longue garde, il accompagnera bien les mets fins. 17/20

Coteaux du Languedoc « Les Éclats » 2009, Mas d’Auzières, Languedoc-Roussillon (17 $) – Cette joyeuse concoction de syrah additionnée de 30 % de grenache et de mourvèdre arbore un bouquet évocateur aux senteurs de baies sauvages traversées d’un fin filament floral et grillé. La bouche, gouleyante et superbement amicale, révèle des tanins dodus et une respectable allonge des saveurs. L’ensemble est joliment façonné et déborde de vitalité. Incontestablement, un vin du Midi de la France digne de mention. 17/20

ITALIE

 Barbera d’Asti Superiore « Le Orme » 2009, Michele Chiarlo, Piémont (15 $ / 15 $ SAQ) – Composée uniquement de barbera, un cépage et une spécialité piémontaise, cette séduisante cuvée s’annonce par un bouquet merveilleusement extraverti et regorgeant de parfums de baies des champs ponctués d’accents floraux. Au palais, nos papilles gustatives se laissent envoûter par un nectar délicieusement vinifié dans un style traditionnel, à la charpente légère sinon modérément charnue, bien ficelé, net et élégant, qui se prolonge sur une glorieuse finale aux jolies tonalités de baies fumées. Épatant! Et quel rapport qualité-prix! J’en fais ainsi mon deuxième Coup de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 17 mars (je n’arrivais pas à trancher entre ce vin et le Baron de Ley, commenté ci-dessus). 18,5/20

Valpolicella Classico Superiore 2002, Quintarelli, Vénétie (80 $ / 81 $ SAQ) – Voilà un Valpolicella haut de gamme, produit par l’un des viticulteurs les plus talentueux de la Vénétie. Le bouquet complexe est parsemé de doux arômes de cerise, de prune, de noix, de fumée, de terre sèche et de boîte à tabac. L’excellente palette aromatique se poursuit allégrement sur une bouche gourmande, riche, ronde et merveilleusement harmonieuse malgré ses 15 % d’alcool. La finale s’étire incroyablement longtemps, révélant toute la structure et la profondeur d’ensemble de ce grand cru. Pas donné, mais ça demeure une fiole de grande envergure. 18,5/20

Brunello di Montalcino 2006, Mocali, Toscane (44 $) – Ce vin de sangiovese est une belle représentation du brunello traditionnel, c’est-à-dire misant plus sur l’élégance et les nuances que sur la puissance et la concentration. Son bouquet complexe semble aromatisé à la griotte, à la terre fraîchement remuée et aux fleurs séchées rehaussées d’un fin filet fumé et noisetté. En bouche, ce cru moyennement corsé, bâti sur une trame tannique finement tissée, révèle un corps élancé et des proportions très classiques. Déjà agréable à boire dès maintenant, il laisse néanmoins entrevoir un long et bel avenir. 18,5/20

Chianti Classico Riserva 2007, Marchesi Antinori, Toscane (30 $ / 29 $ SAQ) – Cet autre vin de sangiovese est agréablement infusé à la cerise, au grillé judicieusement dosé et à l’amande, le tout saupoudré d’un soupçon de terre sèche. Voilà un excellent Chianti Riserva, de facture traditionnelle et vinifié dans le respect du terroir, dont les saveurs moyennement corsées sont encadrées de tanins nobles. L’un des meilleurs millésimes de cette cuvée que j’ai dégustés dans les dernières années. 18/20

NOUVELLE-ZÉLANDE

Pinot Noir 2008, Pegasus Bay, Vallée de Waipara (48 $) – Ce pinot noir semble délicatement aromatisé à la framboise d’où émerge un filet d’alcool à peine perceptible. Au palais, il dévoile une bonne matière fruitée bien qu’un peu mûre et encadrée de tanins souples. Cette cuvée néo-zélandaise s’avère rassasiante dans l’ensemble et conviviale à la table, bien qu’un peu trop dispendieuse à mon goût. 16/20

Cet article, publié dans Notes de dégustation, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.