Languedoc

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En avril 2011, j’ai eu l’immense plaisir d’entreprendre une tournée vinicole dans le Languedoc et le Roussillon pour observer de mes propres yeux (et de mes propres papilles gustatives) l’incroyable progrès réalisé par les viticulteurs pour élever le niveau qualitatif des vins de cette région en pleine effervescence.

Voici mon premier compte-rendu, sur le Languedoc; le suivant portera sur le Roussillon.


L’aire viticole que nous connaissons sous le nom « Languedoc-Roussillon » est constituée en fait deux régions assez distinctes. Certes, au plan administratif, les deux régions ne semblent séparées que par un trait d’union; en réalité, le Languedoc cathare et la Catalogne roussillonnaise sont assez différents, non seulement quant au style de leurs vins, mais également quant à leur gastronomie et même leur culture.

Un peu d’histoire

Le Languedoc doit son nom à une époque où ses habitants parlaient l’Occitan, c’est-à-dire la langue d’oc.

Le vignoble languedocien est le plus ancien de France, établi à l’origine par les Grecs au 6e siècle av. J.-C. Puis, dès le 1ersiècle av. J.-C., les colonies romaines se superposent à celles des Grecs. Les Romains établissent la cité de Narbonne qui, à son apogée, occupe la seconde place dans l’Empire, derrière Rome, et qui sert de base pour l’expansion romaine en Gaulle. Les Romains construisent également la voie domitienne (la « Via Domitia »), une route de commerce importante reliant la vallée du Rhône aux Pyrénées et qui symbolise la signification de la paix romaine à cette époque.

Le Languedoc connaît de longues périodes de difficultés au fil des invasions par les Goths, les Visigoths et les Sarrasins. Puis, la viticulture languedocienne renaît de ses cendres au Moyen-Âge grâce aux abbayes. Les communautés religieuses misent sur la recherche en viticulture et élaborent plusieurs méthodes de vinification encore utilisées de nos jours. À cette époque, il est important pour les moines de produire du bon vin car celui-ci aide à renforcer la réputation et la renommée de leur abbaye. Des écrits de cette époque attestent d’ailleurs que le Languedoc jouit d’un terroir idéal pour la naissance de grands crus.

La Renaissance voit la réouverture des grandes routes maritimes, incluant le canal du Midi en 1681, ce qui favorise les voyages sur l’Atlantique. L’âge d’or de la viticulture languedocienne se poursuit.

Le commerce vinicole du Languedoc prend une nouvelle expansion en 1855 grâce au développement du chemin de fer. C’est un tournant clé pour la viticulture languedocienne… lequel marquera le début du déclin. En effet, pour répondre à une demande sans cesse grandissante dans les villes industrielles du nord de la France, la quantité prend le dessus de la qualité. Une erreur tactique qui coûtera cher au Languedoc.

L’âge d’or de la viticulture languedocienne prend définitivement fin lorsque frappe une série de fléaux dans la deuxième moitié du 19e siècle : l’oïdium et le mildiou, des maladies de la vigne, puis le phylloxéra, un puceron dévastateur qui anéanti la presque totalité du vignoble languedocien.

Le Languedoc se remet rapidement de cette dévastation en rebâtissant son vignoble grâce à quelques croisements, au greffage et à l’adoption d’hybrides. À la fin du 19e siècle, le Languedoc, responsable de 44 pour cent de la production vinicole nationale, devient le principal fournisseur de vin en France.

Ce succès vient cependant avec un coût. L’industrialisation massive du commerce du vin languedocien crée une surabondance de vins rouges pâles, légers et maigres, auxquels on assemble du vin algérien pour les rendre plus acceptables pour les consommateurs, principalement les ouvriers du nord du pays. Par conséquent, la France devient dépendante des importations de vins étrangers. La concurrence commerciale sur le marché du vin de table combinée aux méfaits du frelatage et de la fraude débouchent sur une baisse considérable des prix puis, dès 1907, sur une série d’émeutes nées de revendications viti-vinicoles. Depuis lors, la stratégie adoptée par les vignerons est de se regrouper au sein de coopératives. Cela leur permet de devenir une force politique. Toutefois, la baisse de la demande pour le vin de table permet de moins en moins aux coopératives d’exercer leur pouvoir. En effet, il existait 536 coopératives en 1982 dans le Languedoc-Roussillon; aujourd’hui, on en compte moins de 300, lesquelles s’accaparent tout de même 73 pour cent du volume de vin produit dans la région.

Le Languedoc manque totalement le bateau en 1935 : alors que les autres régions de la France embrassent le système des appellations d’origine contrôlées (AOC), le Languedoc, pour sa part, continue de miser sur la quantité. Alors que la crise de surproduction s’amplifie dans les années 1950, l’État encourage le passage d’une viticulture de masse à une viticulture de meilleure qualité en finançant des campagnes d’arrachage pour replanter des vignes plus qualitatives et en fixant des cahiers de charge plus contraignants.

La fulgurante ascension de la qualité des vins du Languedoc

Ainsi, jusque dans les années 1980, le Languedoc est relégué au statut de producteur de vins ordinaires. Puis, une poignée de vignerons visionnaires et passionnés prennent les choses en main, influençant positivement la destinée du vignoble languedocien.

Au cours des trente dernières années, la région restructure littéralement son vignoble. Entre autres, une partie des vignes sont arrachées (surtout les hybrides et le carignan) et remplacées par des variétés méditerranéennes plus prisées, telles que le grenache, la syrah et le mourvèdre. Les viticulteurs adaptent également leurs techniques d’assemblage : alors qu’il était pratique courante de cueillir et de vinifier les raisins ensemble, peu importe la variété, dorénavant, il est plus commun de les vinifier séparément, selon leur état de mûrissement et leur réaction dans les cuves, puis de les assembler à une étape ultérieure.

Les viticulteurs misent davantage sur une gestion plus raisonnée des vignes et des rendements, favorisant par exemple une taille courte, laquelle limite le nombre de grappes que la vigne peut produire, lui permettant ainsi de concentrer ses énergies sur les grappes existantes. Les viticulteurs languedociens utilisent davantage la fertilisation biologique des sols (le compost, par exemple), contrairement à l’emploi des fertilisants chimiques.

Géographie et climat

Le Languedoc comprend les départements de l’Aude, de l’Hérault et du Gard. Bordé par la Méditerranée et deux chaînes de montagnes, le Languedoc offre des paysages paradisiaques.

La plupart des vignes sont plantées sur une plaine alluviale de basse altitude, bien qu’une partie des ceps soient cultivés à quelques centaines de mètres d’altitude, sur les contreforts des Corbières et des Cévennes, parfois sur des coteaux abrupts. En Languedoc, on trouve une grande variété de sols qui différent selon les appellations : le calcaire domine mais on trouve aussi beaucoup de vastes terrasses de cailloux roulés, de grès et de marnes, de schistes, de sols argileux, de poudingues, de sols sableux, de molasses, etc.

Le climat du Languedoc est majoritairement méditerranéen, c’est-à-dire un climat tempéré qui se caractérise par des étés chauds et secs et des hivers doux. La sécheresse est le principal défi des vignerons : les précipitations annuelles dépassent rarement 400 millimètres et les températures estivales excèdent souvent 30 degrés Celsius.

Le vignoble languedocien est balayé par deux vents dominants : le marin, qui apporte de l’humidité, et la tramontane, provenant des montagnes et apportant de l’air frais qui chasse les nuages et assèche les raisins, aidant ainsi à prévenir les maladies de la vigne. Lors de mon séjour dans cette région en avril 2011, la tramontane a soufflé de façon incessante pendant une semaine, atteignant des pointes de 100 kilomètres à l’heure.

Appellations et vins de pays

Le Languedoc-Roussillon est la plus importante région viticole en France en termes de surface cultivée (246 000 hectares de vignes représentés par 30 000 vignerons) et de volume de vin produit (12 millions d’hectolitres en 2010, soit le tiers de la production française). De plus, 75 pour cent des vins de pays en France sont produits dans le Languedoc-Roussillon, la grande majorité de ceux-ci étant commercialisés sous la dénomination « vin de pays d’Oc ».

Malgré son importance quantitative, le Languedoc-Roussillon ne produit qu’environ 12 pour cent des vins français d’appellation d’origine protégée (AOP) – note : le système des AOP remplace celui des AOC depuis 2009 afin de se conformer à une réglementation de l’Union européenne.

Pour comprendre ce phénomène, il faut poser un regard historique sur cette région. Les producteurs de vin languedociens ont fréquemment et parfois violemment réagi à l’organisation du commerce du vin. La communauté vinicole languedocienne est réputée pour son penchant à exprimer haut et fort son mécontentement des lois d’appellation. Certains grands vignerons choisissent d’ailleurs de travailler à l’extérieur de ce système d’appellation et se consacrent à l’élaboration de vins de pays de haute qualité. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que le Languedoc est la terre du fier paysan.

Cépages

Jusqu’à la fin des années 1980, le carignan était le cépage le plus cultivé. Toutefois, en perte de popularité et pas toujours qualitatif (selon les terroirs), les viticulteurs ont arraché la majorité des vignes de carignan. Ceci étant dit, il reste que les anciennes vignes de carignan, lorsque plantées dans des sols pauvres, ont leur adeptes : j’ai d’ailleurs dégusté quelques cuvées à dominante de carignan qui n’avaient rien à envier aux meilleures cuvées à dominante de grenache et de syrah.

On trouve beaucoup de ces sols rocailleux dans le Languedoc

Alors qu’ils arrachaient leurs vignes de carignan au profit de cépages améliorateurs, certains viticulteurs (tel le fameux Mas de Daumas Gassac) en ont également profité pour planter des variétés non autorisées dans l’AOC, tel le cabernet sauvignon ou le viognier. Celles‑ci sont donc vinifiées en vin de pays, parfois en assemblage mais plus souvent qu’autrement en vin de cépage (à noter que contrairement aux vins de pays, les vins d’AOC/AOP doivent obligatoirement être issus d’assemblages).

La production viticole dans le Languedoc reste majoritairement rouge (73 pour cent). Les principaux cépages autorisés dans l’appellation contrôlée sont : le grenache, la syrah, le carignan, le mourvèdre et le cinsault. Le cabernet sauvignon et le merlot ont remplacé des cépages moins intéressants comme l’aramon et l’alicante. Dans le blanc, on cultive surtout du macabeu, de la clairette, de la roussanne, de la marsanne, du picpoul, de l’ugni blanc et du bourboulenc. Le viognier et le chardonnay ont été introduits avec succès récemment dans la région.

Le phénix renaît de ses cendres

Le constat le plus évident que je tire de mon périple en vignoble languedocien est que tous les viticulteurs que j’ai rencontrés, qu’ils soient propriétaires d’un domaine familial, membres d’une coopérative ou à la tête d’un négoce, sont motivés d’abord et avant tout par la recherche de la qualité.

J’ai le sentiment profond qu’il y a un phénomène de « sélection naturelle » en œuvre dans le Languedoc : ceux qui n’ont pas la vision ou les moyens d’entamer le virage qualitatif et qui restent ancrés dans une production de masse ne survivent pas. Ce phénomène de sélection naturelle, à son tour, va contribuer à élever davantage le niveau qualitatif des vins de la région.

Cette recherche de la qualité passe par une meilleure compréhension des multiples terroirs qui composent le Languedoc. Je suis d’avis que le Languedoc doit jouer à fond la carte des appellations afin d’assurer l’ascension continue de sa réputation d’excellence comme producteur de vins fins.

Pendant longtemps, la seule AOC languedocienne fut Fitou (depuis 1948). Puis, des VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure, une mention inférieure aux AOC) tels que Corbières, Minervois et Coteaux-du-Languedoc joignirent le rang des AOC en 1985.

Aujourd’hui, il y a 18 AOC/AOP dans le Languedoc, totalisant une surface de 38 000 hectares. Un certain nombre de ces appellations, bénéficiant d’un terroir d’excellence et représentées par un nombre croissant de vignerons obsédés par la recherche de la qualité, comme à Pic Saint-Loup ou dans La Clape, symbolisent particulièrement bien l’ascension du Languedoc. Ces terroirs correspondent un peu à la notion de village que l’on retrouve dans les Côtes du Rhône méridionales.

Voici un aperçu de quelques-uns des meilleurs terroirs ou crus languedociens qui devraient être sur votre radar.

Coteaux du Languedoc – La Clape

À l’est de Narbonne, le massif de La Clape est situé à 200 mètres d’altitude; c’était une île il y a 600 ans. Ses vignes jouissent d’un climat très sec et poussent dans des sols principalement calcaires, avec un peu d’argile et des sols rouges de fer oxydé. Le principal domaine-locomotive de l’appellation est Pech-Redon, lequel est situé sur le point le plus élevé de La Clape et jouit de conditions climatiques très favorables à la vigne. Le négociant Gérard Bertrand y produit aussi de belles cuvées : la Réserve du Château L’Hospitalet et L’Hospitalitas.

Coteaux du Languedoc – Pézenas

L’AOC Pézenas reste encore méconnue, n’ayant été créée qu’en 2007. Les sols de Pézenas sont variés : schistes crayeux, galets roulés, molasses calcaires et terrasses villafranchiennes. L’appellation subit un peu l’influence maritime et s’avère relativement chaude. Pézenas n’a pas encore atteint la réputation qualitative de Pic Saint-Loup ou de La Clape, mais son potentiel est indéniable, comme en témoignent les vins du Prieuré de Saint-Jean de Bébian.

Le vignoble du Prieuré de Saint-Jean de Bébian, le domaine-locomotive du Pézenas.

Coteaux du Languedoc – Pic Saint-Loup

Le cru du Pic Saint-Loup est dominé par les massifs du Pic Saint-Loup (658 mètres) et de l’Hortus (512 mètres). Ses sols sont composés principalement de cailloutis et de calcaires. La proximité du plateau des Causses apporte de la fraîcheur et tempère l’influence de la Méditerranée, générant ainsi une importante amplitude thermique entre le jour et la nuit. La syrah et le grenache se plaisent bien dans ce climat et produisent des vins élégants et d’une grande profondeur. Parmi les domaines-locomotives, on compte le Domaine de Cazeneuve, le Clos Marie et le Domaine de l’Hortus.

Coteaux du Languedoc – Terrasses du Larzac

Les Terrasses du Larzac étaient inconnues il y a quelques années, mais avec les efforts de quelques domaines-locomotives, tels que Mas Jullien et Mas Cal Demoura, les vins de cette appellation sont de plus en plus prisés par la critique internationale et les fins connaisseurs. D’ailleurs, Andrew Jefford (Decanter, janvier 2009) a décrit les Terrasses du Larzac comme « le plus beau terroir du Languedoc ». Situé au nord de l’Hérault, les Terrasses sont composées de sols forts variés : calcaires, grès, sablo-argileux, marnes, quelques schistes. Le terroir subit peu l’influence maritime et connaît de fortes amplitudes thermiques, ce qui favorise une maturation lente et progressive.

Aniane

Aniane n’est pas une AOC/AOP officielle, mais je l’inclus parce que c’est un terroir unique qui génère des vins de grande qualité et qui apporte beaucoup de visibilité à la région. Aniane est situé à la fin des gorges de l’Hérault et au début de la vallée de l’Hérault; il est rattaché au territoire plus vaste des Terrasses du Larzac. Le cru offre une gamme étendue allant du vin de pays au vin d’AOC Terrasses du Larzac. Ses sols pauvres et diversifiés sont composés de galets roulés, de cailloutis, d’ébouillis, de calcaires, de graves et de molasses. Les vignerons d’Aniane ont une vision qui va parfois à l’encontre de celle de l’Institut nationale des appellations d’origine (INAO), notamment quant à l’encépagement : ainsi, les vignes traditionnelles du Languedoc y côtoient librement celles de cabernet sauvignon. C’est le Mas de Daumas Gassac qui, le premier en 1978, a révélé le potentiel de ce terroir dominé alors par les garrigues et les forêts. La Grange des Pères y produit l’un des plus grands vins mythiques du Languedoc.

Minervois – La Livinière

Le Minervois est l’un des plus anciens vignobles méditerranéens. Son nom vient de la cité antique de Minerve, place forte établie par les Romains et dédiée à la déesse Minerve. Au sein de la vaste appellation minervoise, se situe le terroir de La Livinière, reconnu comme cru distinct depuis 1999. Sise au pied de la Montagne Noire, sur un sol principalement calcaire, La Livinière est exposée plein sud. Par conséquent, son climat est très sec et chaud, bien qu’il soit refroidi la nuit par l’air frais s’écoulant des crêtes. Le cru de La Livinière génère souvent des vins plus fins et minéraux que le reste de l’appellation minervoise. Le Château de Gourgazaud et le Clos Centeilles ont certes contribué au bond qualitatif de La Livinière.

Le meilleur reste à venir

Le Languedoc a déjà entamé son tournant qualitatif et continuera sa spectaculaire progression sur l’échiquier vinicole. Les Québécois sont d’ailleurs privilégiés de trouver une sélection respectable de grands vins du Languedoc sur les tablettes de la SAQ (la sélection en Ontario est encore anémique mais s’améliorera sans aucun doute au fur et à mesure que la réputation et le prestige du Languedoc s’accroîtront).

Le principal combat du Languedoc est de faire reconnaître les progrès réalisés à ce jour. Ce défi est d’autant plus ardu car, d’un côté, le Languedoc ne produit pas encore assez de vins prestigieux pour concurrencer efficacement avec des régions déjà bien établies telles que la Bourgogne et le Bordelais; d’un autre côté, le Languedoc concurrence avec les nouveaux pays exportateurs de vins de qualité tels que le Chili, lesquels offrent, eux aussi, de bons rapports qualité-prix. Les réputations sont parfois longues à changer et le Languedoc traîne parfois encore sa réputation désuète de producteurs de piquette des années 1970. Heureusement, les consommateurs s’intéressent de plus en plus au Languedoc, bien qu’il soit parfois difficile de s’y retrouver parmi ses nombreux terroirs, appellations et niveaux qualitatifs pas toujours homogènes.

C’est là qu’intervient le rôle crucial de la communication. Dans cette visée de mieux communiquer avec les consommateurs, le Conseil interprofessionnel des Vins du Languedoc (CIVL) travaille présentement à mettre de l’avant un nouveau système de classification (hiérarchisation du vin). Ce système ne remplace pas mais plutôt se superpose au système officiel de classification de l’INAO, l’agence gouvernementale qui réglemente l’industrie du vin en France.

Le nouveau système, dont la mise en œuvre débute cette année, comprend trois paliers.

Premier palier : AOC Languedoc (30 pour cent des vins)

  • Ce sont des vins de plaisir, faciles à boire et abordables.

Second palier : Grands vins du Languedoc (60 pour cent des vins)

  • Ce sont des vins aromatiques et de caractère qui expriment la typicité des terroirs dont ils sont issus.
  • Appellations concernées : Minervois, Corbières, Saint-Chinian, Limoux Effervescents, Limoux rouges, Malepère, Faugères, Cabardès, Muscat de Frontignan, de Lunel, de Mireval, de St-Jean de Minervois, Clairette de Languedoc, Picpoul de Pinet, Montpeyroux, Cabrières, Saint-Christol, Sommières, Le Quatourze, La Méjanelle, Saint-Drézery et Saint-Georges d’Orques.

Troisième palier : Les grands crus du Languedoc (10 pour cent des vins)

  • Ce sont des vins « signature » de domaines avec une forte valorisation et une gestion de la rareté.
  • Appellations concernées : Corbières Boutenac, Minervois La Livinière, Terrasse du Larzac, Grès de Montpellier, Pic Saint Loup, Pézenas, La Clape, Limoux blancs tranquilles, Limoux effervescents, Saint-Chinian Roquebrun, Saint-Chinian Berlou.

Pour avoir droit à l’épithète « grand vin » ou « grand cru », le produit doit rencontrer certaines normes quant au temps d’élevage, à la quantité produite (gestion de la rareté), à la qualité et au prix de vente sur le marché.

Le passage du temps dira si ce système aide à augmenter les ventes et/ou la qualité des vins du Languedoc. Pour l’instant, il reste passablement de détails à clarifier, certains au niveau politique.

Au Québec, il se vend annuellement presque douze millions de bouteilles du Languedoc-Roussillon, dont plus de sept millions de bouteilles de vins de pays d’Oc. Au grand bonheur des amateurs, on trouve de plus en plus de grands vins et de grands crus du Languedoc sur les tablettes. Néanmoins, suite à ma tournée des vignobles en Languedoc-Roussillon, je peux vous affirmer qu’il y a encore du travail à faire pour améliorer la sélection des meilleurs vins de cette région disponible au Canada. Les amateurs de vins ont tout à gagner à mieux connaître cette région, surtout que les vins languedociens se vendent à une fraction du prix des grands crus issus d’autres régions viticoles (par ex., Bordeaux et Toscane).

L’oenotourisme languedocien

Pour terminer, sachez que l’oenotourisme languedocien est en pleine expansion. Ceci dit, c’est une forme d’oenotourisme assez différente de celui pratiqué, par exemple, dans la vallée de Napa ou même dans la vallée de l’Okanagan. Dans ces deux vallées, il y a une grande concentration de vignerons sur un territoire relativement petit, lesquels sont essentiellement accessibles via quelques routes principales. Grâce à des « routes du vin » bien balisées, le touriste peut se déplacer facilement et rapidement d’un domaine viticole à l’autre.

Dans le Languedoc, c’est une expérience différente qui se vit à un rythme différent. D’abord, le vignoble languedocien est géographiquement très étendu et il faut emprunter des routes étroites et parfois non pavées pour se rendre d’un vignoble à l’autre (je ne vous dis pas le nombre de fois que je me suis égarée, même avec un GPS!). Par contre, le voyage est enrichi par un contact intime avec la nature : on se cesse de se rincer l’œil sur des paysages incroyablement magnifiques, allant de vignes à perte de vue sur fond de montagnes rocailleuses et de végétation exotique (platanes, oliviers espagnols, garrigues, etc.).  C’est tellement beau que s’en est distrayant : prévoyez-vous d’amples haltes routières pour prendre des photos.

En fait, dans le Languedoc, on utilise parfois le terme « tourisme écologique » plutôt qu’oenotourisme, la visite des vignobles devenant un élément de l’expérience touristique locale que l’on combine avec, par exemple, la visite de sites historiques telle que la cité médiévale de Carcassonne (au nord-est de Narbonne) ou le cyclisme à travers les paysages féeriques, sans mentionner la gastronomie locale que l’on déguste également à un rythme moins effréné qu’en Amérique du Nord.

À titre d’exemple, Les Vignerons de La Clape organisent à chaque mois de mai les Sentiers Gourmands en Clape Vigneronne, un parcours pédestre de cinq kilomètres en plein cœur de la garrigue et des vignobles, ponctué de six arrêts gastronomiques et vinicoles (www.laclape.com).

Au plan de l’hébergement, certains (peu, pour l’instant) domaines viticoles et châteaux maintiennent également des gîtes, au milieu des vignes. Je recommande entre autres le Château de l’Hospitalet (un établissement trois étoiles), à dix minutes de route de Narbonne : ma chambre, avec vue sur vignes et jardin, était tellement silencieuse que je n’entendais que les oiseaux et la tramontane… idyllique!

Château de l'Hospitalet (Narbonne)

Lectures supplémentaires : www.languedoc-wines.com (site français malgré le nom); http://www.tastelanguedoc.blogspot.com (le blog anglais de Rosemary George, Master of Wine, se spécialisant sur les vins du Languedoc); http://www.vins-languedoc-roussillon.fr
 

Notes de dégustation

Produits disponibles au Québec et/ou en Ontario.

ROUGES

Bergerie de l’Hortus « Classique » 2008, Domaine de l’Hortus, Coteaux du Languedoc – Pic Saint-Loup (19 $ @ SAQ) – Cet assemblage traditionnel de syrah, de grenache et de mourvèdre est marqué à l’olfactif par de somptueuses senteurs de petits fruits rouges parfumés à la garrigue. Les saveurs, élégantes et harmonieuses, sont épaulées par une texture caressante, des tanins nobles et une structure remarquable. Cette fiole de très haut niveau, alliant magnifiquement plénitude et vitalité, est un vibrant témoignage de la qualité du cru Pic Saint-Loup. 18.5/20

Les Cocalières 2008, Domaine d’Aupilhac, Coteaux du Languedoc (29 $ @ SAQ) –  Cette cuvée de syrah, de grenache et de mourvèdre impressionne avec son bouquet extraverti et aromatisé aux petits fruits fraîchement cueillis traversés d’un séduisant filet minéral, presque ferreux. La bouche présente des saveurs luxuriantes qui s’étalent allègrement sur une charpente pondérée et élégante, déployant des tanins encore un peu juvéniles mais également une fraîcheur équilibrante qui rend ce vin merveilleusement digeste. Il ne reste que quelques bouteilles dans le réseau de la SAQ. 18/20

L’Infidèle 2008, Mas Cal Demoura, Coteaux du Languedoc – Terrasses du Larzac (22 $ @ SAQ) –  L’Infidèle est un assemblage des cinq cépages rouges autorisés dans l’appellation, issu de faibles rendements, soit 28 hectolitres par hectare. L’Infidèle dévoile un bouquet séduisant où se chevauchent des senteurs de mûre et de cerise macérée, complexifié par une heureuse et délicate touche épicée et torréfiée. La bouche, nette, pure, friande et joliment façonnée, révèle un ensemble tout en équilibre et en charme, aux saveurs modérément charnues et soutenues par de nobles et fins tanins. Encore passablement ancrée dans sa jeunesse, cette magnifique cuvée révèlera toute sa splendeur d’ici trois ou quatre ans. 17/20

Les Calcaires 2008, Château de Cazeneuve, Coteaux du Languedoc – Pic Saint-Loup (21 $ @ SAQ) – Cette fiole composée principalement de syrah et de mourvèdre, avec un soupçon de cinsault, révèle de somptueux parfums de cerise, de cassis, de poivre noir et de viande grillée. Les saveurs, amples et harmonieuses, sont encadrées de tanins au grain serré. Encore un tantinet austère dû à son jeune âge, surtout au palais, ce magnifique cru se bonifiera grandement sur un horizon de deux à quatre ans. 17/20

Réserve 2006, Château de Gourgazaud, Minervois-La Livinière (18 $ @ SAQ/LCBO) – D’insistants effluves de fruits rouges, de poivre finement moulu et de viande grillée encensent cette charmante syrah assemblée avec 20 pour cent de mourvèdre. La bouche, moyennement corsée, offre une succulente matière fruitée et un équilibre d’ensemble remarquable malgré des tanins encore juvéniles et fougueux. La cuvée réservée de Gourgazaud demeure un modèle de réussite pour cette région en pleine effervescence, millésime après millésime. 17/20

Cuvée Simone Descamps 2007, Château de Lastours, Corbières (19 $ @ SAQ) – Cette joyeuse concoction de carignan, de grenache et de syrah, issue de rendements faibles de l’ordre de 23 hectolitres par hectare, respire le cassis et la cerise complexifiés par une touche judicieusement réglissée. Le tout s’étale avec grâce sur un palais modérément charnu, aux saveurs amples et pleines et aux tanins bien intégrés à la matière fruitée. La finale bavarde se conclut sur de délicieuses notes fruitées. Une excellente introduction aux vins de l’appellation Corbières. 16/20

Le Château de Lastours rénové et prêt à recevoir les touristes avec son caveau de dégustation, son exposition d’art, son restaurant et sa balade aventure en véhicule 4 x 4.

Tête de Bélier 2007, Château Puech-Haut, Coteaux du Languedoc – Saint-Drézéry (24 $ @ SAQ) – Ce vin à dominante de syrah, additionné d’un peu de grenache, de carignan et de mourvèdre, dévoile un bouquet séduisant où se chevauchent des senteurs de mûre et de grillé, ponctuées de légères notes de café, d’épices, de terreau et, en arrière-plan, de violette. Le tout se poursuit allégrement en bouche sur des saveurs généreuses, opulentes et chaleureuses qui s’intègrent parfaitement bien dans un ensemble façonné d’une main de maître et qui, on le devine déjà, acquerra davantage d’harmonie et d’élégance avec le passage du temps. L’édition 2007 de ce cru languedocien devrait bien évoluer sur un horizon de dix ans, sinon davantage. À noter qu’on trouve occasionnellement sur le marché canadien d’autres fioles haut de gamme du domaine qui sont hautement recommandables, notamment la cuvée Réserve (≈30 $) et le magnifique Clos du Pic (≈85 $).  16/20

2009, Domaine de Jonquières, Coteaux du Languedoc – Terrasses du Larzac (19 $ @ SAQ) – Habillé d’une robe encore violacée, ce cru chaleureux respire la cerise et le cassis infusés à la garrigue, le tout se poursuivant au palais sur un ensemble à la fois solide et pétulant. Les saveurs fraîches et nettes sont tapissées de judicieux tanins qui gagneront en finesse d’ici un an ou deux. 16/20

Réserve du Château 2007, Château de Sérame, Corbières (16 $ @ LCBO) – Ce Corbières passablement coloré et vinifié dans un style moderne est relevé de parfums de mûre, d’encens et de grains de café torréfiés. Plutôt charnu et corpulent, l’ensemble en bouche s’avère un peu cru et capiteux mais il dévoile néanmoins une vitalité tonifiante propre aux vins du Languedoc. Il ne reste que quelques bouteilles dans le réseau de la LCBO. 15/20


Voici quelques autres fioles que j’ai eu le plaisir de déguster lors de mon périple languedocien et que je considère comme des « grands crus ». Ils ne sont présentement pas disponibles sur les tablettes de la SAQ ou de la LCBO. Si ces produits vous intéressent, vous pouvez les commander via l’importation privée; sinon, communiquez votre intérêt au gérant de votre succursale des alcools préférée.

BLANCS

Cuvée Manon 2009, Clos Marie, Coteaux du Languedoc – Pic Saint-Loup ($ nd) – Cette fiole des plus délectables envoûte les sens avec son fruité élégant soutenu par une épatante minéralité incisive. La Cuvée Manon se démarque par la netteté exemplaire de ses saveurs, son acidité équilibrante et sa texture fraîche et pénétrante. Elle m’a laissé des souvenirs indélébiles. Dégustée avec une tajine de homard… accord mets-vin remarquable! 18/20

2007, Prieuré de Saint-Jean de Bébian, Coteaux du Languedoc – Pézenas ($ nd) – Cet assemblage de grenache blanc, de picpoul, de roussanne et de viognier est une grande réussite. Parfumé à la pêche et au minéral, ce Pézenas droit, net et franc est un modèle de vin blanc languedocien. Au palais, on se laisse envoûter par des saveurs rondes et pleines appuyées d’une acidité équilibrante. Le vin dévoile à la fois une puissance maîtrisée et une indéniable élégance qui se transposent jusqu’à la finale délicieusement minérale et d’une très bonne allonge. La preuve que le Languedoc, dont la réputation repose surtout sur ses vins rouges, produit également de superbes vins blancs. 18/20

Les Agrunelles 2009, Mas Haut-Buis, Coteaux du Languedoc – Terrasses du Larzac ($ nd) – Les arômes francs et volubiles d’agrumes marqués d’une ravissante empreinte minérale s’expriment allégrement à l’olfactif et se poursuivent au palais sur un ensemble harmonieux et racoleur. Un judicieux filet d’alcool en milieu de bouche apporte de la puissance et de la rondeur alors que la minéralité contribue à la finesse aromatique : l’alliance des deux est indéniablement réussi. Dégusté avec un plat de sole à la sauce fromage Comté et noix : accord savoureux grâce aux noix du mets et à la minéralité du vin qui se complémentent à merveille. 18/20

Beauvignac 2010, Cave de Pomérols, Picpoul de Pinet (≈12 $ @ SAQ/LCBO) – Le cépage picpoul (également épelé piquepoul) donne des vins vifs et frais, sans fioritures et désaltérants. C’est le cas de cette cuvée indéniablement agrumée. Le vin s’avère net, franc et très sec au palais. Soutenu par une acidité bien relevée, il se conclut joyeusement sur des notes de pamplemousse blanc et rose. Ce picpoul en offre beaucoup pour notre argent. Le 2009 est présentement sur les tablettes de la SAQ et de la LCBO. 17/20

Ormarine « Élevé sur lies fines » 2009, JeanJean, Picpoul de Pinet ($ nd) – Voilà un produit qu’on ne voit pas souvent sur nos marchés : un picpoul élevé sur lies fines, ce qui apporte davantage de complexité aromatique. Cette cuvée de JeanJean, un négociant important dans le Languedoc, révèle des arômes d’agrumes relevés de délicieuses tonalités de minéral et de fines herbes. Le vin, appuyé par une acidité saine et équilibrante, s’avère très sec au palais et révèle plus de complexité et de profondeur qu’on s’y attendrait. Une autre cuvée, « Carte Noire » 2009, est présentement disponible à la SAQ et à la LCBO à moins de 13 $, également recommandable. 17/20

ROUGES

Montpeyroux 2008, Domaine d’Aupilhac, Coteaux du Languedoc – Montpeyroux (≈20 $ @ SAQ) – La palette aromatique de ce magnifique vin d’appellation, un assemblage de mourvèdre, de carignan, de syrah et de grenache, exhale d’amples parfums de groseille, de cassis, de boîte à tabac et de minéral. La bouche, moyennement corsée, révèle de bons rappels des arômes, des tanins fins et nobles de même qu’une glorieuse finale persistante. Ce Montpeyroux est un modèle d’élégance et il illustre à merveille la qualité du terroir.  Il reste quelques bouteilles du 2007 dans le réseau de la SAQ. 18.5/20

Sylvain Fadat, à la tête de l'un des domaines les plus réputés du Languedoc

La Boda 2008, Domaine d’Aupilhac, Coteaux du Languedoc – Montpeyroux ($ nd) – Voilà un autre assemblage parcellaire réussi qui témoigne de la qualité du terroir. La Boda, une heureuse concoction de mourvèdre et de syrah avec un peu de carignan, semble encensée à la groseille et au cassis, entrelacée d’un charmant filet à peine toasté. En bouche, cette succulente cuvée déploie un centre fruité expressif, une belle fraîcheur et des tanins granuleux. Les saveurs, raffinées et harmonieuses, sont épaulées par une texture caressante et une structure remarquable qui laisse entrevoir un excellent potentiel de garde. 18.5/20

L’Épervier 2007, Château Pech Redon, Coteaux du Languedoc – La Clape (≈19 $ @ SAQ) – Le bouquet de cette succulente cuvée de syrah et de grenache est porté sur la mûre et la myrtille délicatement épicées. La bouche, friande, harmonieuse et superbement expressive, révèle des tanins nobles et une belle allonge des saveurs. L’ensemble est savamment façonné et d’une grande précision aromatique. Du grand vin avec un excellent potentiel de vieillissement. Le millésime 2005 est présentement sur les tablettes de la SAQ. 18.5/20

Les Combariolles 2008, Mas Cal Demoura, Coteaux du Languedoc – Terrasses du Larzac ($ nd) – Cette fiole composée en parts égales de syrah, de grenache et de mourvèdre, issue d’une parcelle de cailloutis calcaires, épate par sa profondeur et son harmonie d’ensemble. La bouche, bâtie sur une structure élégamment sculptée et appuyée de tanins finement ciselés, dévoile par paliers des saveurs à la fois opulentes, tonifiantes et volubiles. Promis à un bel et long avenir, Les Combariolles est un superbe vin d’appellation qui mérite amplement le terme grand cru. 18/20

Vin de pays de l’Hérault 2009, Mas de Daumas Gassac, Haute Vallée du Gassac (≈49 $ @ SAQ) – La vallée du Gassac est un terroir relativement frais avec des températures fluctuant généralement entre cinq et douze degrés la nuit, ce qui plaît beaucoup à la vigne. Cette cuvée est le porte-étendard du domaine qui, grâce à une série d’excellentes critiques internationales, a obtenu un statut de vin emblématique. Toutefois, parce que c’est un assemblage à dominante de cabernet sauvignon, un cépage non autorisé dans les vins d’appellations contrôlées, cette fiole se vend sous l’épithète « vin de pays ». La version 2009 de cette cuvée, particulièrement choyée par les conditions climatiques, est tout à fait splendide. Son bouquet fraîchement fruité est ponctué de délicieuses et discrètes tonalités de poivron vert, si typiques au cépage. Le tout s’étale gracieusement au palais sur un ensemble à la fois structuré et raffiné, encadré d’une trame tannique finement tissée. Le millésime 2007 est présentement sur les tablettes de la SAQ; on trouve sporadiquement cette cuvée en Ontario. 18/20

Réserve 2007, Château de Lastours, Corbières (≈19 $ @ SAQ) – Le bouquet voluptueux de cet assemblage réussi de carignan, de syrah, de grenache et de mourvèdre évoque la groseille et la cerise complexifiées par d’insistantes notes de pierre concassée et de cuir. La bouche révèle une extraction du fruit équilibrée et harmonieuse, de même que des tanins finement ciselés. Ce vin monumental, issu d’une viticulture rigoureuse et sculpté avec une grande précision, est une glorieuse démonstration de la quintessence de l’appellation Corbières. Le millésime 2006 est présentement sur les tablettes de la SAQ. 18/20

Quintus 2008, Château de Gourgazaud, Minervois-La Livinière ($ nd) – Le Quintus est une sélection parcellaire de syrah rehaussée d’une touche de mourvèdre; il n’est produit que dans les meilleurs millésimes. A l’olfactif, ce magnifique cru révèle un bouquet enchanteur de petits fruits des champs entrelacés de succulents accents de gibier, si typiques de la syrah. Au palais, on se laisse charmer par une noble matière fruitée soutenue par une élégante structure et enveloppée d’un voile de taffetas. Le tout s’étale langoureusement sur une finale bavarde et très persistante.  Quelle belle représentation de l’appellation Minervois-La Livinière! 18/20

2006, Château Villerambert-Julien, Minervois (≈22 $ @ SAQ) – Cette cuvée à dominante de syrah explose de senteurs envoûtantes de baies rouges épicées et rehaussées d’un léger soupçon viandé. Le palais dévoile un profil gustatif extraverti, précis et harmonieux, encadré de tanins fins et pondérés. Voilà un vin de terroir de grande amplitude qui tiendra encore la route pour une décennie, voire davantage. Il reste quelques bouteilles du millésime 2004 dans le réseau de la SAQ. 17/20

2007, Prieuré de Saint-Jean de Bébian, Coteaux du Languedoc – Pézenas ($ nd) – Cette grandiose fiole composée de syrah, de grenache et de mourvèdre présente un fruité net et sans excès qui laisse place à de charmants accents torréfiés. Au palais, ce délicieux vin de terroir issu d’une vinification vigoureuse déploie une belle fraîcheur, des tanins granuleux et beaucoup de structure et d’ampleur. Malgré qu’une garde de quelques années lui permettrait d’acquérir un peu plus de rondeur et de complexité, il est difficile de lui résister dès maintenant.  17/20

Le Roc des Mates 2007, Château de Cazeneuve, Coteaux du Languedoc – Pic Saint-Loup ($ nd) – À l’olfactif, on découvre un bouquet au fruité pur et lumineux, dominé par des senteurs de tarte à la cerise. En bouche, les saveurs déjà suaves dévoilent une fraîcheur et une perspicacité qui étonnent et qui comblent de joie nos papilles gustatives.  Cette fiole prouve encore une fois que le mariage entre la qualité du terroir et la maîtrise dans l’art de vinifier génère des crus exceptionnels. 17/20

Dans les chaies du Château de Cazeneuve, avec le propriétaire, André Leenhardt

Vieilles Vignes 2009, Château de Lancyre, Coteaux du Languedoc – Pic Saint-Loup ($ nd) – Cette somptueuse cuvée, issue d’une sévère sélection parcellaire de vignes de syrah et de grenache âgées entre 35 et 40 ans, révèle un nez tendre et d’une très grande finesse aromatique, aux douces senteurs évoquant le petit fruit rouge et noir très juteux. La bouche, moyennement corsée, encore bien tannique et très gourmande, dévoile des saveurs à l’avenant qui se prolongent sur une finale très persistante. Une autre excellente représentation de la prestigieuse appellation Pic Saint-Loup. 17/20

La Réserve 2009, Château L’Hospitalet (Gérard Bertrand), Coteaux du Languedoc – La Clape (≈20 $ @ SAQ/LCBO) – Cet assemblage typiquement languedocien de syrah, de grenache et de mourvèdre dévoile une séduisante richesse aromatique où se croisent mûre et fumée, lesquelles semblent saupoudrées d’un soupçon de cuir, de garrigue et d’olive noire. La bouche, plutôt charnue, dévoile des saveurs généreuses et à l’avenant de même qu’une trame tannique raffinée. L’ensemble s’avère élégant et finement ciselé, bien qu’encore très ancré dans sa jeunesse. Voilà une cuvée sereine et un témoignage convaincant de la qualité des vins issus de l’appellationLa Clape. Le 2007 est présentement disponible sur les tablettes de la LCBO. À noter qu’on trouve occasionnellement sur le marché canadien d’autres cuvées haut de gamme du domaine qui sont hautement recommandables, notamment L’Hospitalitas dans l’appellation La Clape (≈50 $) et La Forge dans l’appellation Corbières-Boutenac (≈50 $). 17/20

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