Nouveaux arrivages de la LCBO – 19 mars 2011

J’ai dégusté récemment une sélection de produits qui seront disponibles via la section Vintages (où sont vendus les produits plus « haut de gamme ») de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO) à partir du 19 mars, commentés ci-dessous. Cette liste n’est pas exhaustive : plusieurs autres vins et spiritueux seront également mis en vente chez Vintages au courant du mois. Vous pouvez consulter la liste complète des produits sur le site Web de la LCBO.

Tous les prix inscrits ci-dessous sont pour des bouteilles de 750 ml, à moins d’indication contraire, et sont arrondis au dollar près. Certaines de ces fioles sont également disponibles à la Société des Alcools du Québec (SAQ) : le prix y est indiqué avec le code SAQ. La mention « nd » indique soit que le produit sera disponible sous peu à la SAQ et que le prix n’était pas confirmé au moment de la publication de cette chronique, ou alors un autre millésime du même produit est présentement sur les tablettes de la SAQ.

Préférablement, vous devriez vérifier la disponibilité des produits avant de vous déplacer à votre succursale puisque les quantités sont parfois limitées.

Je vous invite à porter une attention particulière à mes Coup de cœur blanc et Coup de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 19 mars.



Mon système de notation sur une échelle de 20 points se définit comme tel :

0-10 points — le vin affiche un défaut évident – en règle générale, je ne commente pas ces vins sur mon blog.

11-14 points — le vin est quelque peu déficient au plan qualitatif; malgré cela, si le prix vous convient, il peut vous apporter du plaisir.

15-16 points — cuvée bien vinifiée qui mérite votre attention si le prix vous convient.

17-18 points — cuvée hautement recommandable peu importe la plage de prix.

19-20 points — fabuleuse expérience bachique qui génère des émotions et qui laisse des souvenirs indélébiles.


Vins blancs

ESPAGNE 

Albariño « Leira » 2009, Pazo Pondal, Rías Baixas (17 $) – Le Rías Baixas est une région du nord-ouest de l’Espagne reconnue pour la qualité de ses vins blancs. Le cépage albariño est une spécialité de la péninsule ibérique (il est aussi connu au Portugal sous le nom alverinho et sert à la production du fameux vinho verde). La cuvée Leira exhale des senteurs de pomme verte accentuées d’un soupçon de ciboulette, de minéral et de poire pochée. Le palais, léger, sec et persistant, révèle un support acide qui donne de l’élan à l’ensemble. Du bon vin dans cette gamme de prix. 15/20

FRANCE 

Touraine Grande Réserve 2009, Caves de la Tourangelle, Loire (15 $) – Habillé d’or pâle, ce sauvignon blanc se reconnaît au nez à son bouquet typique et séduisant de citron et de pamplemousse blanc ponctué d’une jolie touche crémeuse et herbacée. En bouche, ce charmant vin ligérien s’avère pur, sec et franc, dévoilant une acidité bien tendue, laquelle relève l’ensemble et assure la fraîcheur du vin. 16/20

PORTUGAL 

♥ Reserva Branco 2009, Adega Vila Real, Douro (15 $) – Le nez de cet exotique assemblage de variétés locales (viosinho, malvasia fina et pernao pires) semble encensé à la pomme MacIntosh et aux petits fruits blancs, accentué de subtiles nuances de pierre concassée et de crème citronnée. Cette cuvée vinifiée dans un style léger, sans être dénué d’expression, révèle une superbe minéralité qui traverse le palais et sous-tend les saveurs, assurant de la sorte la complexité et l’élégance de l’ensemble. Ce vin sans fioritures se fait tendre comme une caresse et diaphane comme un nuage : j’en fais ainsi mon Coup de coeur blanc parmi les nouveaux arrivages du 19 mars. 17/20  

  
 

Vins rouges 

AFRIQUE DU SUD 

Cabernet Sauvignon « Cellar Selection » 2009, Kleine Zalze, Stellenbosch (17 $) – À l’olfactif, ce « cab » sud-africain dégage des parfums extravertis de myrtille, de groseille, d’encens et de terre brûlée, lesquels se prolongent en bouche sur une structure moyennement corsée et modérément tannique. Les saveurs, très volubiles, se concluent allégrement sur un registre indéniablement « brûlé », la signature des vins sud-africains. 16/20

ARGENTINE

Nicolás Catena

Cabernet Sauvignon « Alamos » 2009, Catena, Mendoza (14 $ / 16 $ SAQ) – Le nez enjôleur de ce cabernet est dominé par la groseille, le grillé et la torréfaction, ponctué de délicieuses notes de gibier. La bouche, à la fois passablement charnue et harmonieuse, est encadrée de judicieux tanins et elle se conclut sur une finale merveilleusement bavarde et bien orchestrée. Voilà un vin argentin épatant et un excellent témoignage de la virtuosité de Nicolás Catena, lequel fut édifié au rang de « personne de l’année » en 2009 par la réputée revue Decanter. 17/20

Malbec 2005, Weinert, Mendoza (16 $ / 20 $ SAQ) – Cette cuvée argentine est caractérisée par des effluves de cerise rouge, de prune noire, de fumée et de terreau, le tout s’étalant au palais sur un ensemble assez charnu et modérément tannique. Le milieu de bouche est transpercé d’un filon d’alcool insistant qui se prolonge jusqu’à une finale dodue et chaleureuse. Ce vin sans prétention, accessible à toutes les bourses, est vinifié pour un plaisir immédiat. 15/20

CHILI

Carmenère « Winemaker’s Selection », In Situ 2008, Viña San Esteban, Vallée de l’Aconcagua (13 $) – Voilà une succulente fiole chilienne, aux parfums attrayants de groseille rouge, de fumée et de rafle. La bouche déroule des saveurs généreuses et précises, lesquelles sont appuyées de tanins nobles et d’une structure élancée. Se distinguant par ses proportions classiques et la qualité irréprochable de sa matière fruitée, ce vin est une belle représentation du carmenère, un cépage d’origine française mais réellement une spécialité chilienne. 17/20

ESPAGNE

Lealtanza Reserva Selección 2004, Bodegas Altanza, Rioja (18 $) – Le bouquet de ce délicieux tempranillo est relevé de parfums de prune et de noix, complexifié par de douces tonalités de sucre d’orge et de chêne grillé. Moyennement corsée, cette cuvée ibérique se démarque par sa trame tannique bien ficelée et ses saveurs voluptueuses qui s’étalent langoureusement jusqu’à une finale chaleureuse.  Un beau vin de la Rioja, abordable et prêt à boire. 17/20

Reserva 2005, Arroyo, Ribera del Duero (21 $) – Ce vin de tinta del país, aussi connu sous le nom tempranillo, révèle des arômes éloquents évoquant la prune, la cerise noire et le chêne torréfié, saupoudrés d’un soupçon de tabac séché. Cette complexité aromatique se poursuit sur un palais modérément charnu et encadré de tanins encore juvéniles. Bien que l’ensemble s’avère dors et déjà rassasiant et convaincant, un repos supplémentaire de trois ou quatre ans permettra aux tanins de s’assagir davantage. 16/20

Crianza 2006, El Coto, Rioja (15 $ / nd SAQ) – Le nez de cet autre tempranillo est joyeusement parfumé à la prune rouge, à la griotte et à la noix de Brésil. Vinifié dans un style léger et convivial, ce Crianza peu tannique et au caractère plaisant et flatteur s’avère prêt à boire dès maintenant. Il fera des heureux à la table. 16/20

ÉTATS-UNIS

♥ Dominus, Napa Valley 2007, Christian Moueix, Californie (120 $ / nd SAQ) – Cette fabuleuse cuvée californienne, vinifiée par un Français, charme d’emblée avec son bouquet parfumé à la groseille, à la prune, à la torréfaction et au grillé judicieusement dosé, lesquels laissent place à de séduisantes réminiscences mentholées. On retrouve au palais cette même générosité aromatique, laquelle s’étale avec grâce sur une charpente solide et maîtrisée. Les saveurs à la fois généreuses et harmonieuses sont encadrées de tanins au grain fin. L’édition 2007 du Dominus, malgré son jeune âge, révèle d’ors et déjà une élégance qui n’est pas sans rappeler les premiers crus de Bordeaux. Il est rare que j’accorde mes coups de cœur à des fioles que peu de gens ont les moyens d’acquérir; il reste qu’au-delà du prix, l’incroyable structure et la profondeur ahurissante de ce cru laisse des souvenirs indélébiles. Ce grand vin d’émotion écrase littéralement la compétition ce mois-ci; il s’impose donc comme mon Coup de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 19 mars. 19/20

Opus One, Napa Valley 2007, Robert Mondavi & Baron Philippe de Rothschild, Californie (340 $ / 342 $ SAQ) – L’Opus One, résultat d’un partenariat signé il y a 20 ans entre deux icônes du monde du vin, se démarque par ses odeurs enchanteresses de groseille, de chêne grillé pondéré et de grain de café rôti, saupoudrées de menthe fraîche, le tout s’étalant sur un palais passablement charnu mais néanmoins distingué. Les saveurs opulentes sont encadrées de tanins encore indisciplinés et se concluent sur une finale puissante. L’Opus One s’avère une cuvée au relief inimitable et s’exprimant avec beaucoup d’assurance; certes du beau vin mais réservé aux amateurs financièrement bien nantis. 18/20

Opus One

Proprietary Red, Napa Valley 2006, Pahlmeyer, Californie (120 $) – Cet assemblage bordelais à dominante de cabernet sauvignon (80 %) complété avec du merlot, du cabernet franc, du malbec et du petit verdot révèle un merveilleux bouquet encensé à la cerise noire mentholée, au grain de café torréfié et à la fumée. La bouche dévoile une superbe présence fruitée, des tanins solides qui augurent bien pour une longue garde et une excellente allonge des saveurs. L’ensemble s’avère puissant, certes, mais également éminemment plaisant. Incontestablement, une autre grande réussite californienne. 18/20

Cabernet Sauvignon « Special Selection », Napa Valley 2008, Caymus, Californie (120 $) – La robe très colorée de ce cabernet assemblé avec 15 % de merlot laisse deviner une matière bien extraite et opulente. Le nez est marqué par des senteurs luxuriantes de petits fruits noirs mûrs et de chêne grillé, ponctué de tonalités d’eucalyptus et d’alcool. Le tout se poursuit au palais sur un ensemble corpulent et généreux, à la trame tannique presque dodue. Les amateurs de vins puissants et virils aimeront beaucoup… enfin, ceux qui ont un portefeuille bien garni. 17/20

FRANCE

Beaujolais-Villages 2009, Grands Vins Villa Ponciago, Beaujolais (16 $) – Cette succulente cuvée de gamay semble assaisonnée de petits fruits des champs, sur un fond subtilement floral. La bouche, croquante de fruit et d’une fraîcheur inouïe, révèle du panache et des courbes sensuelles. Étant donné la qualité extraordinaire du millésime 2009 dans le Beaujolais, les vins de cette région vinicole mésestimée méritent d’être découverts ou re-découverts, particulièrement les Beaujolais-Villages et les dix crus (Morgon, Moulin-à-Vent, etc.), lesquels sont supérieurs aux beaujolais génériques. 17/20

Gigondas « Laurus » 2007, Gabriel Meffre, Vallée du Rhône (27 $ / 27 $ SAQ) – 2007 est un beau millésime dans le Rhône méridional, particulièrement pour les vins à base de grenache. Le Laurus dévoile des arômes et des saveurs concentrés de petits fruits des champs et de fleurs sauvages. Les tanins sont présents mais bien enveloppés dans la matière fruitée; l’attaque est veloutée et même sensuelle; la finale est généreuse et persistante. Un vin à la fois grassouillet et puissant; une belle interprétation du Gigondas. 17/20

Haut-Médoc 2008, Château Bel Air, Bordeaux (17 $) –Le nez de cette concoction de cabernet sauvignon et de merlot respire le bleuet, la fraise, la gousse de vanille et le grain de café moulu. La bouche, moyennement corsée, se distingue par sa bonne tenue et ses tanins encore bien ancrés dans leur jeunesse. Petit Bordeaux issu d’un millésime relativement bon, son prix est définitivement attrayant. 15/20

ISRAËL

Cabernet Sauvignon « Special Reserve » 2007, Segal, Haute Galilée (22 $ / 21 $ SAQ) – Aromatisé au cassis et à l’encens, ce cabernet koscher, moyennement corsé et modérément tannique, se démarque par sa personnalité avenante et franchement sympathique. 16/20

ITALIE

Dolcetto d’Alba 2008, Cascina Bongiovanni, Piémont (16 $) – Le dolcetto est un cépage cultivé quasi exclusivement dans le Piémont et qui donne des vins plutôt légers, gouleyants et faciles à boire. Cette version de Bongiovanni est dominée par la griotte fraîchement cueillie. La bouche révèle un fruité net et pur appuyé de fins tanins, lesquels apportent cohésion à l’ensemble, et d’une saine acidité, laquelle rend le vin merveilleusement digeste. Un beau vin de table pour accompagner des mets simples comme les pâtes à sauce tomatée. 17/20

Sito Moresco, Langhe 2008, Gaja, Piémont (44 $ / 54 $ SAQ) – Cette joyeuse concoction de nebbiolo, de cabernet et de merlot déborde d’arômes de baies sauvages infusées d’une touche d’essence florale. Moyennement corsée, cette fiole aux tanins juvéniles a besoin d’un peu de temps pour s’arrondir. Malgré cela, le vin déborde déjà de vitalité et se termine sur une finale savoureuse et élégante. 17/20

Merlot, Isonzo del Friuli 2007, Alfiere, Frioul (17 $) – Le nez de ce merlot du nord de l’Italie est parsemé de doux parfums de cerise, de torréfaction et de terre humide. Moyennement corsée, cette fiole aux tanins pondérés révèle un caractère plaisant, ample et bavard. Une valeur sûre. 17/20

Centine 2008, Banfi, Toscane (17 $ / 18 $ SAQ) – Cet assemblage de sangiovese (60 %), de cabernet sauvignon (20 %) et de merlot (20 %) dégage de jolies senteurs de fraise et de prune traversées d’un filament terreux et fumé. Ce toscan dévoile au palais une matière à la fois friande et volubile, des tanins bien tissés de même que du tonus. Un bon vin de tous les jours. 16/20

Montepulciano d’Abruzzo « Tre Saggi » 2006, Azienda Agricola Talamonti, Abruzzes (16 $) – Le nez de ce vin, composé du cépage montepulciano, est relevé de parfums invitants portés sur la cerise, la prune, l’espresso, le grillé et le terreau. La bouche, corsée et passablement tannique, révèle un caractère expressif et vigoureux, se concluant sur de chaleureuses notes torréfiées. Cette cuvée, vinifiée dans un style incontestablement moderne, offre un bon rapport qualité-prix. 15/20

PORTUGAL

Touriga Franca 2004, Encostas de Estremoz (Lagarteira), Vinho Regional Alentejano (18 $) – Le touriga franca (baptisé touriga francesa avant 2001) est un cépage indigène couramment utilisé dans la production du porto. Il est loin d’être du même niveau qualitatif que le touriga nacional, le cépage emblématique du Portugal, mais il apporte souvent une touche exotique aux assemblages. Cette cuvée 2004 est dotée de parfums mûrs de confiture de prune, de chocolat au lait et de boîte à tabac, lesquels se prolongent sur un palais opulent et dodu. Ce touriga franca dévoile un début d’évolution tertiaire (imputable au vieillissement en bouteille) et des tanins presque fondus.  15/20

 


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