Loire

Un peu d’histoire

Les débuts de la viticulture dans la vallée de la Loire restent un peu obscures; des découvertes archéologiques récentes indiquent que la culture de la vigne existait déjà en Haute Loire au 1er siècle après J.-C., grâce aux Romains qui y auraient planté les premiers pieds de vigne. La viticulture ligérienne devient bien établie dès le 5e siècle après J.-C. Au cours des siècles suivants, les vins de la Loire sont hautement considérés, d’abord par les Bretons, puis dès la fin du 11e siècle, par la bourgeoisie naissante dans les nouvelles et riches cités flamandes. Grâce à son réseau fluvial, la région de la Loire est particulièrement bien située pour satisfaire non seulement la demande croissante pour les vins ligériens mais également le commerce général entre les ports fluviaux. Les vignerons de la vallée expédient alors leur marchandise vers les Flandres et plus au nord (via Orléans), puis vers l’Angleterre et à Paris.

L’influence des moines Augustins et Bénédictins s’avère une clé du succès dans le développement de la viticulture ligérienne. Dès la fin du 11e siècle, les vins de Sancerre deviennent très prisés en Loire de même que sur ses marchés d’exportation. La demande pour les vins de la Loire connaît un essor supplémentaire lorsque Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, devient roi d’Angleterre en 1154. Il en profite alors pour servir des vins d’Anjou à la cour, une habitude qui sera conservée autant par les rois d’Angleterre que ceux de France pendant des siècles.

Au Moyen-Âge, le vin le plus réputé et le plus cher de la Loire est le Saint-Pourçain, aujourd’hui méconnu. Les vins de Saint-Pourçain sont bien appréciés du roi Louis IX et de la cour papale à Avignon.

Puis, une série d’événements ont un impact considérable sur la viticulture ligérienne. En 1709, survient un grand gel qui détruit une partie des vignes et fait éclater les barriques. À partir de 1789, la Révolution française, à travers les guerres de Vendée, refroidit encore plus l’ardeur de la viticulture ligérienne. Au 19e siècle, le développement de nouveaux moyens de transport, notamment le chemin de fer, soumet les viticulteurs ligériens à une nouvelle concurrence, celle des vins du Midi. Puis, à la fin du 19e siècle, frappe le phylloxéra, un puceron dévastateur qui détruit une grande partie des vignobles. À la sortie de cette dernière crise, la recherche de qualité devient une préoccupation majeure. La Loire institue le système des Appellations d’origine contrôlée (AOC) en 1936; plusieurs terroirs ligériens obtiennent cette année le statut d’AOC, notamment Sancerre, Vouvray, Muscadet et Quincy. Aujourd’hui, la Loire compte 69 AOC.

La Loire est un paradis pour les touristes, non seulement grâce de la qualité de ses vins mais aussi pour son patrimoine architectural remarquable, ses villes historiques et ses châteaux de renommée mondiale. D’ailleurs, en 2000, le Val de Loire (entre Sully-sur-Loire et Chalonnes-sur-Loire) est classé au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO.

Climat et géographie

La vallée de la Loire emprunte son nom au fleuve Loire. La zone viticole ligérienne s’étend de Nantes, proche de la côte Atlantique, à Orléans, au centre-nord de la France. La Loire viticole est si vaste et variée qu’on ne peut pas la décrire en des termes génériques. Sa géographie et son climat varient considérablement de l’est à l’ouest. Cette diversité favorise l’existence d’une multitude de microclimats contribuant à la très grande diversité des styles de vin.

Le fleuve Loire a une influence positive sur le mésoclimat de la vallée, contribuant à hausser la température de quelques degrés, sans quoi la viticulture ligérienne serait considérablement plus laborieuse. Il reste que la Loire est une zone viticole septentrionale, donc il est parfois difficile, selon les conditions climatiques, d’atteindre une pleine maturité du raisin à chaque millésime (année de la récolte). Les gelées printanières peuvent causer de gros dégâts, comme ce fut le cas en 1991 où elles ont détruit 70 % de la récolte. D’un autre côté, le climat frais de la Loire favorise des vins blancs à l’acidité rafraîchissante : les variétés de raisin telles que le sauvignon blanc et le chenin blanc produisent d’excellents résultats.

Carte viticole du Val de Loire (cliquez sur l'image pour l'élargir)

Étant donné les variations climatiques d’une année à l’autre, le millésime a beaucoup d’importance sur la qualité du vin, peut-être plus en Loire que dans n’importe quelle autre région viticole de France. Dans la dernière décennie, 2005 a été exceptionnel, autant dans le blanc que dans le rouge, générant des vins de grande garde. Plus récemment, 2006 a été plus ardu, mais générant toutefois de très bonnes cuvées pour consommation à court terme, alors que 2007 et 2008 sont généralement bons. 2009 a connu un été et un automne ensoleillés, ce qui a généré des vins à l’extraction fruitée et tannique généreuse, laissant présager un millésime de qualité.

Viticulture

La Loire couvre une superficie de 70 000 hectares et elle produit en moyenne 4 000 000 d’hectolitres de vin annuellement. Elle exporte environ 20 % de sa production; le tiers de ses exportations est accaparé par la Grande-Bretagne (le Canada est loin derrière avec seulement 3 %). La Loire compte aujourd’hui 7 000 exploitations viticoles.

La Loire est essentiellement une région à petites propriétés familiales, où la vigne côtoie souvent d’autres cultures. En règle générale, les producteurs de vins blancs évitent la fermentation malolactique et l’influence du chêne, choisissant plutôt de fermenter et d’élever le vin dans des logements inertes (cuves inox ou de béton, par exemple). Cela donne des vins frais, digestes et purs qui ont fait la réputation la Loire, notamment celle de Sancerre et de Pouilly-Fumé. Les vignerons font parfois vieillir leurs vins sur lies, comme c’est le cas pour les muscadets.

Ceci étant dit, sous l’influence d’un marché de plus en plus concurrentiel depuis les années 1980, les vignerons ligériens expérimentent davantage au plan des techniques de vinification, surtout avec les vins rouges. Une maturation et parfois une fermentation en fûts de chêne de même qu’une macération pelliculaire plus longue sont devenues des pratiques couramment utilisées afin d’obtenir des vins plus colorés, plus extraits et plus tanniques.

De toutes les régions viticoles françaises, la Loire est celle qui offre la plus grande diversité de styles de vin, allant des vins tranquilles (sans bulle) aux effervescents (appelés crémants), des vins secs aux liquoreux et couvrant toutes les palettes de couleurs du blanc presque incolore au pourpre foncé. Depuis quelques années, la Loire connaît une recrudescence dans la vente de ses rosés, autant sur le marché domestique que ceux d’exportation.

Les principaux cépages cultivés pour le vin blanc sont le melon de Bourgogne (37 %) servant à la production des muscadets, le chenin (26 %) et le sauvignon blanc (22 %). Dans le rouge, les principaux cépages sont le cabernet franc (51 %), appelé localement breton, qui sert en autres à produire les fameux vins de Chinon, et le gamay (21 %).

Ci-dessous, voici un aperçu de quelques-unes des meilleures cuvées ligériennes présentement disponibles sur les tablettes de la Société des Alcools du Québec (SAQ) et de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO).

 

Notes de dégustation

BLANCS

Sancerre 2008, Domaine Vacheron (29 $ SAQ) – Sancerre est l’une des appellations les plus réputées de la Loire. Le Domaine Vacheron nous présente ici un sauvignon blanc sculpté avec doigté, bien typique et terriblement avec ses parfums de pamplemousse blanc, de lime, de pierre et de minéral, ponctués de subtiles tonalités herbacées. La bouche révèle un ensemble très sec et merveilleusement digeste grâce à une saine acidité équilibrante. Le Domaine Vacheron produit des vins de grande qualité peu importe le millésime; l’édition 2008 est particulièrement réussie, reflétant toute la noblesse du terroir de Sancerre. Quelle classe! 19/20

Savennières 2005, Château de Varennes (27 $ SAQ) – Cet extraordinaire nectar déploie une éclatante minéralité sous-jacente aux parfums de pomme verte et de pamplemousse blanc. Modérément charnue, à la texture presque grasse et vinifiée dans un style sec, cette superbe représentation du chenin blanc réussit remarquablement bien à conjuguer élégance et suavité. Sans conteste, ce vin nous livre l’essence même de l’appellation et il met à l’avant-scène toute la noblesse du cépage. 18/20

Sancerre, Cuvée G.C. 2008, Jean-Max Roger (25 $ LCBO) –  Ce Sancerre se reconnaît au nez à son bouquet typique et envoûtant de lime et de pamplemousse blanc rehaussé de fines tonalités herbacées. En bouche, ce beau vin s’avère pur, sec et net, affichant une acidité franche et saine qui apporte fraîcheur et tenue en bouche. Cette fiole dévoile une grande droiture et une profonde finesse dignes des plus grands sauvignons de la Loire. 18/20

Sancerre 2009, Pascal Jolivet (24 $ SAQ) – Cette succulente cuvée offre toutes les qualités auxquelles on est en droit de s’attendre d’un bon Sancerre. Le bouquet, à dominante d’agrumes et ponctué de tonalités de pierre et de fines herbes, est à la fois un modèle de raffinement et de pureté aromatique. La bouche, aux jolis échos des arômes et relevée d’une acidité tranchée au couteau, se termine sur une admirable allonge des saveurs à la fois fruitées et pierreuses. Ce vin vif et énergique est une référence incontournable en matière de Sancerre. 17/20

Sancerre, Le MD de Bourgeois 2008, Henri Bourgeois (36 $ SAQ) – Le MD provient des Monts-Damnés, un des lieux-dits les plus réputés de l’appellation Sancerre, où dominent les sols de marnes kimméridgiennes. Le nez de la version 2008, invitant et enjôleur, semble infusé au citron, à la limette et à la ciboulette. La bouche, à l’acidité bien présente qui relève l’ensemble et en assure sa fraîcheur, s’avère à la fois complexe, profonde et élégante. Enveloppées d’une texture quasi-crémeuse, les saveurs s’étalent au palais avec grâce jusqu’à une glorieuse finale au registre admirablement citronné. 17/20

Vouvray, Cuvée de Silex 2009, Domaine des Aubuisières (17 $ SAQ) – Ce succulent chenin blanc séduit avec ses parfums de pomme Granny Smith et de mie de pain.

Grappe de chenin blanc

Le palais plutôt léger révèle tout de même une forte personnalité, du fruit croquant à souhait, une rafraîchissante acidité, un agréable équilibre d’ensemble et une respectable allonge des saveurs. Un Vouvray éminemment racoleur. 17/20

Savennières, Les Genêts 2006, Damien Laureau (27 $ SAQ) – Cet autre Savennières séduit avec ses parfums d’abricot, d’ananas mûr et de miel blond. On s’attendrait à un vin très mûr en bouche mais les saveurs de fruits exotiques sont encadrées d’un filon d’acidité impressionnant, lequel coupe à travers la sucrosité naturelle du fruit et apporte équilibre et cohésion à l’ensemble. Les saveurs fruitées s’allongent langoureusement jusqu’à une finale merveilleusement minérale. Du beau chenin blanc. 17/20

Blanc Fumé de Pouilly 2007, Didier Dagueneau (60 $ SAQ) – Didier Dagueneau, décédé tragiquement en 2008, était considéré comme l’un des meilleurs producteurs de la Loire : il était un ardent défenseur des faibles rendements et de la viticulture organique. Cette cuvée Blanc Fumé de Pouilly, un autre nom pour le Pouilly-Fumé, ne fait que 11,5% d’alcool, mais n’affiche aucun signe de sous-maturité. Son nez à la fois volubile et délicat évoque le pamplemousse blanc juteux, la pomme verte croquante et le minéral, le tout rehaussé de séduisants accents de ciboulette. S’exprimant dans un style racé et élégant, il révèle en bouche une pureté du fruit tout à fait irrésistible et une acidité tonifiante qui procure fraîcheur et cohésion à l’ensemble. D’une grande précision et tout en subtilité: typiquement Dagueneau. 17/20

Montlouis-sur-Loire 2006, Le Rocher des Violettes La Négrette (27 $ SAQ) – Ce chenin blanc s’avère très avenant avec ses émanations pénétrantes de pomme verte et d’abricot. Cette fiole pleine de vitalité, à l’acidité digeste et vinifiée dans un style sec m’a séduite sur le coup, d’autant plus qu’elle s’avère un bon compagnon à la table. Pour consommation immédiate. 17/20

Touraine, Sauvignon « Sélection Tradition » 2009, Château de Quinçay (Frédéric & Philippe Cadart) (14 $ LCBO) – Le nez extraverti de ce sauvignon blanc semble aromatisé au citron et à la limette, traversé d’un filet d’herbe fraîchement coupée. Très sec, le vin dévoile une saine acidité bien tendue, laquelle relève l’ensemble et assure la fraîcheur du vin. Une charmante fiole ligérienne offrant un excellent rapport qualité-prix.  17/20

Sancerre, Les Baronnes 2009, Henri Bourgeois (25 $ LCBO / 26 $ SAQ) – Issu de vignes âgées de 20 à 40 ans qui poussent dans des sols argilo-calcaires puis élevé sur lies en cuves inox pendant cinq mois, ce Sancerre dévoile un bouquet joyeusement encensé au citron et à la lime parsemés de notes d’asperge et d’herbe franchement coupée. Vinifiée uniquement avec du sauvignon blanc, cette fiole s’avère fraîche, vivifiante, harmonieuse et équilibrée. C’est un Sancerre très charmant, vinifié d’une main de maître par l’un des producteurs les plus respectés en Loire, qui s’exprime dans un style passablement herbacé, peut-être un peu plus que d’autres millésimes du domaine. 16/20

Touraine, Sauvignon 2009, Domaine Bellevue (14 $ SAQ) – Cette délicieuse fiole de sauvignon blanc révèle un bouquet séducteur où se chevauchent des parfums de groseille, d’agrumes et de pomme verte. La bouche, harmonieuse et rafraîchissante, est rehaussée d’une vive acidité, ce qui donne au vin une poigne du tonnerre. Le tout se poursuit sur une glorieuse finale piquante et très sèche, aux jolis échos des arômes. Très bon rapport qualité-prix. 16/20

Touraine 2009, La Sablette (14 $ SAQ) – Du nez, émanent des senteurs de pamplemousse blanc et de lime rehaussées d’une légère touche de pois vert et de ciboulette. On découvre au palais un ensemble frais et vivifiant grâce à une saine acidité et à saveurs nettes et bien définies. Un vin sans prétention et de plaisir, à consommer dans sa jeunesse. 16/20

Muscadet Sèvre et Maine, Expression d’Orthogneiss 2009 (19 $ SAQ) – Muscadet désigne à la fois une région et un cépage. La région du Muscadet est située à l’extrême ouest de la vallée de la Loire, proche de Nantes. Cette cuvée de muscadet, cépage également connu sous le nom « melon de Bourgogne », est dominé par le citron frais qui se poursuit au palais sur un ensemble très sec, rafraîchissant et rehaussé d’une acidité tranchée au couteau. Les muscadets se servent souvent en apéritif pour aviver les papilles. 15/20

L’accord mets-vin idéal avec le Sancerre blanc est le fromage de chèvre. Le sauvignon blanc s’harmonise également à merveille avec les poissons, les crustacés et les salades saisonnières. Pour sa part, le muscadet accompagne très bien les huîtres natures et les fruits de mer à chair blanche, tandis que le chenin blanc, très versatile, se marie avec les sushis, les volailles, les poissons pochés ou en sauce de même qu’avec les fromages à pâtes molles ou pressées.

ROUGES

Chinon 2005, Château de la Grille (25 $ SAQ) –  Chinon, spécialisé dans la culture du cabernet franc, est réputé pour produire les meilleurs vins rouges de la Loire. Cette

Château de la Grille

cuvée exceptionnelle, vendue dans une bouteille arrondie de forme unique et au goulot étroit, est issue d’un millésime d’anthologie. À l’olfactif, on se laisse charmer par des senteurs de mûre juteuse fraîchement cueillie et saupoudrée d’un soupçon d’épices et de poivron vert. La bouche révèle une fabuleuse extraction du fruit encadrée de tanins juvéniles mais nobles, le tout s’étalant gracieusement sur une structure à la fois solide et raffinée. La patience est de mise : cette fiole est promise à un bel et long avenir. Tout à fait magnifique!  19/20

Chinon, Clos de l’Écho 2004, Couly-Dutheuil (28 $ SAQ) – Cette cuvée est assaisonnée de petits fruits des champs et de terre noire, sur un fond subtilement épicé et réglissé. D’ampleur modérée et passablement tannique, la bouche exprime une personnalité vibrante et authentique qui résume toutes les qualités de l’appellation. Voilà une expression triomphale du cabernet franc, vinifié par l’un des producteurs les plus talentueux à Chinon, qui donnera du plaisir renouvelé sur un horizon de cinq à huit ans. 18/20

Chinon, Clos de l’Olive 2006, Couly-Dutheuil (27 $ SAQ) – Clos de l’Olive est le porte-étendard du domaine Couly-Dutheuil. 2006 n’est toutefois pas un millésime de grande qualité. Il reste que le domaine a réussi à vinifier une cuvée sympathique et éminemment plaisante, avec ses flaveurs de baies sauvages et de café traversés d’un filet floral et musqué. La bouche reprend les mêmes thèmes sur une structure moyennement corsée et encore tannique. Destiné à une consommation immédiate ou à moyen terme, ce cabernet franc se conclue sur une finale sans lourdeur et tout en relief. 17/20

Anjou, Vieilles Vignes 2007, Château de Fesles (18 $ SAQ) –  Joli vin de cabernet franc regorgeant de senteurs de framboise et de fleurs coupées, accentuées d’un soupçon de poussière de terre et d’eucalyptus. Respirant la fraîcheur et la jeunesse, cette cuvée souple et ample se distingue au palais par la pureté de son fruit et par la finesse de son tanin; elle se conclue sur une délicieuse finale aux rappels de framboise. 17/20

Saumur-Champigny 2009, Louis Roche (17 $ SAQ) – Cette autre interprétation du cabernet franc dégage de séduisants arômes de cerise terreuse, lesquels se prolongent au palais sur un ensemble harmonieux, structuré et élégant. Ce Saumur-Champigny, accessible dans sa jeunesse, est un vin suave et gouleyant, sans fioritures et à l’excellent rapport qualité-prix. 17/20

Bourgueil 2009, Domaine Laurent Mabileau (14 $ SAQ) – Laurent Mabileau est le maître incontesté des appellations Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgeuil. Cette version 2009 recèle de belles qualités, regorgeant de parfums de framboise et de mûre fraîchement cueillies, rehaussés d’un voile judicieusement grillé. Juteux, gouleyant, croquant, ample et engageant, ce cabernet franc se distingue en bouche par la générosité de ses saveurs, son centre fruité encadré de tanins encore juvéniles de même que par sa finale capiteuse et tonifiante. Il en offre beaucoup pour son prix. 17/20

Bourgueil, Cuvée La Godinière 2008, Domaine du Petit Souper (14 $ LCBO) –  Voilà un autre délicieux bourgueil qui s’annonce par des effluves de baies des champs entremêlés de rafle. Composée uniquement de cabernet franc, cette fiole est vinifiée dans un style simple, frais et sans prétention. La bouche présente un fruité dans toute sa pureté et des tanins bien intégrés à la matière. Un bon vin de tous les jours, à consommer dans sa jeunesse. 16/20

Chinon 2007, Thélème (21 $ SAQ) – Le nez de ce cabernet franc est doté d’éclatants arômes de fraise et de griotte, complexifiés par un filet grillé et floral. Ce vin moyennement corsé et savoureux dévoile un noyau vif et fruité de même qu’une bonne structure et une trame tannique finement tissée. 16/20

Chinon, Expression 2007, Alain Lorieux (17 $ SAQ) –  Cet autre cabernet franc à la robe pâle est olfactivement dominé par des senteurs de salade de petits fruits rouges saupoudrée d’un soupçon de fleurs, de tapis forestier et de gibier. La bouche dévoile par paliers des saveurs juteuses et encadrées de tanins mûrs. De style léger mais sous-tendu par une acidité équilibrante, ce chinon est destiné à une consommation immédiate. 16/20

Touraine, Gamay 2009, Domaine de La Chamoise (16 $ SAQ) –  Bien que le cabernet franc est le cépage rouge dominant dans la Loire, on y produit aussi du vin de gamay. En voilà un exemple qui explose d’arômes de griotte, de bleuet et de framboise écrasée, entrelacés d’un soupçon épicé. De léger à moyennement corsé, ce vin volubile évoque au palais au palais un coulis de fruits d’été qui se prolonge sur une finale nette et honnête. Une fiole rassasiante et conviviale. 15/20

Les vins à base de cabernet franc s’harmonisent très bien avec le veau, le jambon, les terrines de viande sauvage, les brochettes de poulet, les abats et le gibier. Les gamays, plus rustiques, accompagneront bien les viandes grillées sur le barbecue et les brochettes de boeuf. 

MOUSSEUX

Saumur, Grande Cuvée, Louis de Grenelle (19 $ SAQ) – Cet agréable effervescent non-millésimé aux fines bulles discrètes évoque surtout la pomme verte et la pâte à pain. Au palais, on découvre un vin plutôt léger et sec, dont les saveurs franches sont relevées par une saine acidité. Malgré qu’il pêche par un léger manque de persistance, ses éléments s’intègrent dans un ensemble éminemment plaisant. 16/20

LIQUOREUX

La Loire produit de magnifiques vins moelleux, à base du cépage chenin blanc, entre autres en provenance des Coteaux du Layon. Les premiers vins moelleux des Coteaux du Layon ont été produits au cours du 16e siècle pour satisfaire à la demande de marchands hollandais désireux d’acheter des vins onctueux et fortement alcoolisés, car ceux-ci survivaient mieux au voyage en bateaux. Au 17e siècle, le roi Louis XVI fit canaliser le Layon afin de favoriser le commerce du vin.

Au Québec et en Ontario, on trouve plusieurs beaux spécimens de vins du Coteaux du Layon, dont les fioles du Moulin Touchais. La famille Touchais produit du vin dans l’appellation Coteaux du Layon depuis le 18e siècle et utilise encore aujourd’hui des techniques de vinification profondément ancrées dans des méthodes ancestrales. Ainsi, selon la tradition séculaire, le vin est embouteillé immédiatement après les froids d’hiver suivant la récolte. Puis, les bouteilles sont mises en cave pour au moins dix ans avant d’être commercialisées.

Le Moulin Touchais, composé uniquement du cépage noble chenin blanc, est un vin de garde qui peut vieillir en beauté sur une période de 30 ou 40 ans, et davantage pour les bons millésimes.

Coteaux du Layon 1997, Moulin Touchais (49 $ SAQ) – Une belle robe de couleur doré soutenu précède un nez prometteur mais encore un peu unidimensionnel dû à son jeune âge, aux réminiscences d’agrumes confits, d’abricot frais, de zeste de citron et de miel blond, avec de vagues notes de tapis forestier. La bouche, merveilleusement fraîche et dévoilant davantage d’expression qu’au nez, est soutenue par une franche acidité et un moelleux harmonieux, le tout se terminant glorieusement sur des accents délicatement miellés. Le 1997 est encore profondément ancré dans sa jeunesse; il promet une belle évolution sur un horizon de plusieurs décennies. 19/20

Coteaux du Layon 1996, Moulin Touchais (40 $ SAQ) – Le bouquet du 1996, encore tout en jeunesse et en fraîcheur, évoque l’abricot, la pomme mûre et le miel de trèfle foncé. Acidité et moelleux sont en harmonie dans ce chenin blanc mémorable, au potentiel de vieillissement extraordinaire. Pour avoir bu des Moulin Touchais de 30 ans, je peux vous assurer que votre patience sera récompensée. D’ici la fin de la décennie, cette sublime cuvée aura atteint un niveau supérieur de complexité aromatique qui générera des émotions chez le dégustateur. 19/20

Coteaux du Layon 1992, Moulin Touchais (31 $ SAQ) – Le 1992 s’annonce au visuel par des reflets joliment citronnés et une belle brillance. Le bouquet exhale de joyeux effluves d’ananas, de litchi et de miel, lesquels s’étalent avec grâce sur une bouche onctueuse et équilibrée par une saine acidité. La finale perdure interminablement sur un registre évoquant le bonbon au citron. Issu d’un millésime pluvieux, il n’a pas la structure ni la profondeur du 1996 et du 1997; ça demeure toutefois un excellent vin qui commence à révéler ses secrets. 17/20

Les Moulin Touchais se marient parfaitement avec une crème brûlée, un dessert à base de fruit tel que la tarte Tatin ou simplement avec des noix rôties non salées. À essayer également avec du foie gras sauté, des rillettes et des fromages relevés, particulièrement le bleu. 

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Un commentaire pour Loire

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