Nouveaux arrivages de la LCBO – 30 octobre 2010

J’ai dégusté récemment une sélection de produits qui seront disponibles via la section Vintages (où sont vendus les produits plus « haut de gamme ») de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO) au courant du mois de novembre. Ci-dessous, vous trouverez mes notes de dégustation pour les nouveaux arrivages qui seront disponibles en date du 30 octobre. Cette liste n’est pas exhaustive : plusieurs autres vins et spiritueux seront également mis en vente chez Vintages au courant du mois. Vous pouvez consulter la liste complète des produits sur le site Web de la LCBO.

Tous les prix inscrits ci-dessous sont pour des bouteilles de 750 ml, à moins d’indication contraire, et sont arrondis au dollar près. Certaines de ces fioles sont également disponibles à la Société des Alcools du Québec (SAQ) : le prix y est indiqué avec le code SAQ. La mention « nd » indique soit que le produit sera disponible sous peu à la SAQ et que le prix n’était pas confirmé au moment de la publication de cette chronique, ou alors un autre millésime du même produit est présentement sur les tablettes de la SAQ.

Préférablement, vous devriez vérifier la disponibilité des produits avant de vous déplacer à votre succursale puisque les quantités sont parfois limitées.

Je vous invite à porter une attention particulière à mes Coup de cœur blanc et Coup de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 30 octobre.


Mon système de notation sur une échelle de 20 points se définit comme tel :

0-10 points — le vin affiche un défaut évident – en règle générale, je ne commente pas ces vins sur mon blog.

11-14 points — le vin est quelque peu déficient au plan qualitatif; malgré cela, si le prix vous convient, il peut vous apporter du plaisir.

15-16 points — cuvée bien vinifiée qui mérite votre attention si le prix vous convient.

17-18 points — cuvée hautement recommandable peu importe la plage de prix.

19-20 points — fabuleuse expérience bachique qui génère des émotions et qui laisse des souvenirs indélébiles. 


Vins blancs

FRANCE

 Gewürztraminer 2009, Jean Geiler, Alsace (17 $) – Affichant une expression aromatique exubérante, cette cuvée séduit par ses envoûtants parfums de litchi, de raisin vert et de fruits exotiques généreusement saupoudrés d’épices et de pétales de fleurs. D’une richesse et d’une fraîcheur inouïes, ce gewürztraminer vinifié dans un style sec dévoile des saveurs amples et moyennement corsées. Beaucoup de plaisir à peu de frais : j’en fais ainsi mon Coup de coeur blanc parmi les nouveaux arrivages du 30 octobre.  18/20

Côtes-du-Rhône « Coudoulet de Beaucastel » 2009, Château de Beaucastel (Domaine Perrin), Vallée du Rhône (34 $ / nd SAQ) – Cet assemblage en parts égales de viognier, de marsanne et de bourboulenc, auquel on a ajouté 10 % de clairette, évoque au nez le citron, la poire et la pomme jaune, traversé d’un soyeux filet d’alcool et de levure. La bouche dévoile un corps modérément charnu et un rappel du filet d’alcool qui apporte du gras à l’ensemble. Un beau spécimen des vins blancs des Côtes-du-Rhône. 17/20

Chablis 2008, Domaine du Chardonnay, Bourgogne (19 $) – Voilà un chardonnay droit, net, incisif et épuré qui révèle des saveurs agrumées et ponctuées de subtiles notes de fines herbes. Ce chablisien s’avère peut-être un peu linéaire, mais il est quand même des plus rassasiants.  15/20 

Picpoul de Pinet « Carte Noire » 2009, Ormarine (JeanJean), Languedoc-Roussillon (13 $ / 11 $ SAQ) – Le cépage picpoul donne des vins vifs et frais, certes sans grande complexité mais néanmoins désaltérants. C’est le cas de cette cuvée dominée par des caractéristiques de pamplemousse blanc. Le vin s’avère très sec au palais et il est soutenu par une acidité pondérée pour le cépage mais tout de même équilibrante – 2009 fut un millésime chaud, générant des vins à l’acidité plus faible qu’à l’habitude. Ça demeure un très bon rapport qualité-prix. 15/20 

ITALIE

Cervaro della Sala 2008, Marchesi Antinori, Ombrie (55 $ / 53 $ SAQ) – Le nez de ce vin agréablement bavard semble infusé à la pomme verte, au chêne fumé et au beurre frais. Moyennement corsé et merveilleusement texturé, cet assemblage réussi de chardonnay et de grechetto se termine gracieusement sur un registre indéniablement beurré. Vin d’envergure, il est considéré comme l’un des plus grands vins blancs d’Italie. Sa profondeur et son raffinement notables ne sont pas sans évoquer les grands vins blancs bourguignons. 17/20

Lugana Riserva 2007, Zenato, Vénétie (28 $) – Cette attrayante fiole italienne à base du cépage trebbiano di Lugana est dominée par des parfums de pomme jaune et de grillé, rehaussés par de légères tonalités de sous-bois. Ce riserva, puissant et plein, se termine sur une expressive finale grillée. 15/20 


Vins rouges

AFRIQUE DU SUD

Pinot Noir « Felicité » 2009, The Newton Johnson Family, Walker Bay (15 $) – Voilà un flacon intrigant et inusité: un pinot noir sud-africain. L’olfactif, presque exubérant, révèle un heureux mariage entre, d’un côté, la typicité du cépage avec ses arômes de petits fruits rouges rehaussés d’élégantes et subtiles notes bourguignonnes de cuir et, de l’autre côté, la typicité du terroir avec ses tonalités « brûlées ». La bouche révèle des saveurs moyennement corsées et équilibrées, encadrées de judicieux tanins et traversées d’un fin filet d’alcool. Le résultat est une fiole qui fait très « pinot noir sud-africain », ample et expressif, qui vaut la peine d’être découvert à ce prix.  15/20 

ESPAGNE

 La Montesa 2007, Palacios Remondo, Rioja (19 $ / 20 $ SAQ) – À dominante de grenache et de tempranillo, La Montesa révèle une palette aromatique portée sur les petits

Alvaro Palacios

fruits rouges des champs fraîchement cueillis ponctués de séduisantes tonalités de poivre noir finement moulu et d’eau de rose. Moyennement corsée et modérément tannique, cette cuvée ibérique se distingue par l’élégance et la précision de ses saveurs. Expression inaltérée des vins traditionnels de la Rioja, elle est merveilleusement prête à boire dès maintenant et elle s’accordera à merveille avec une multitude de mets. Pour son charme incontestable et son rapport qualité-prix supérieur, je choisis La Montesa comme Coup de coeur rouge parmi les nouveaux arrivages du 30 octobre. 18/20 

Mas Donís « Barrica » 2008, Capçanes, Montsant (17 $ / nd SAQ) – Montsant est une aire viticole très prometteuse du nord-est de l’Espagne qui attire l’attention des connaisseurs de vin de qualité depuis quelques années. Composé surtout de grenache et additionné d’un peu de syrah, le Mas Donís arbore une belle couleur rubis qui précède un joyeux bouquet infusé à la cerise rouge et relevé de charmantes tonalités de café, d’encens et d’orge. Moyennement corsé, le palais révèle des saveurs juteuses qui s’étalent sur une structure tendre et peu tannique. Un excellent rapport qualité-prix. 17/20

Pesquera Reserva 2006, Alejandro Fernández, Ribera del Duero (42 $ / nd SAQ) – Ce reserva exhale d’amples élans aromatiques évoquant la prune, la cerise et le chêne judicieusement torréfié, accentués par un délicieux soupçon d’orge et de terre fraîchement remuée. Ce succulent tempranillo affiche de bons rappels des arômes en bouche et se prolonge sur une finale tout aussi généreuse que vibrante. Un belle représentation des vins du Ribera del Duero. 17/20

Crianza 2007, Condado de Haza (Alejandro Fernández), Ribera del Duero (25 $ / 24 $ SAQ) – Cette autre fiole ibérique semble parfumée à la prune, à la myrtille, au grain de café torréfié et à la noix grillée. Le tout s’étale au palais sur une charpente modérément étoffée et appuyée d’une trame tannique juvénile qui requière le passage du temps pour s’adoucir. 16/20 

ÉTATS-UNIS

Cabernet Sauvignon, Vallée de Napa 2006, Grgich Hills, Californie (75 $) – Cette succulente cuvée californienne s’avère d’emblée séduisante à l’olfactif avec son généreux profil aromatique porté sur la confiture de cerise, le grain de café torréfié et le chêne grillé, le tout parsemé d’une séduisante touche d’eucalyptus. On retrouve au palais cette même générosité aromatique, laquelle s’étale avec grâce sur une charpente solide mais structurée. Les saveurs harmonieuses sont enveloppées de tanins à la fois granuleux et imposants. Un grand vin californien, certes, mais pas pour toutes les bourses et qui prendra de longues années avant d’atteindre son apogée. 17/20 

Pinot Noir, Santa Barbara County 2008, Greg Norman, Californie (25 $) – Le bouquet de ce pinot noir évoque la griotte légèrement parfumée à l’eau de rose, le tout se poursuivant langoureusement sur un palais léger et expressif, au beau centre fruité, net et éclatant de fraîcheur. Voilà une belle expression des pinots noirs californiens.  16/20

Pinot Noir, Chehalem Mountains, Willamette Valley 2006, Carabella, Oregon (30 $) – Les caractéristiques dominantes de baies sauvages sont entremêlées d’insistantes notes d’alcool. La bouche, moyennement corsée et supportée par des tanins morcelés, offre une belle allonge des saveurs. Pour ceux qui veulent découvrir les pinots de l’Oregon.  15/20 

FRANCE

Côtes-du-Rhône « Coudoulet de Beaucastel » 2008, Château de Beaucastel (Domaine Perrin), Vallée du Rhône (30 $ / nd SAQ) – De cet assemblage de mourvèdre, de grenache, de cinsault et de syrah jaillissent de douces senteurs de framboise juteuse et d’épices (surtout du poivre noir finement moulu), lesquelles sont ponctuées d’une adorable touche de cuir. Ce rhodanien est bâti sur une trame tannique au grain fin et sur une charpente à la fois solide et élégante. Un Coudoulet accessible dans sa jeunesse, merveilleusement gouleyant et indéniablement bien ciselé. Bravo!  18/20 

Crozes-Hermitage 2007, Cave de Tain, Vallée du Rhône (18 $ / nd SAQ) – Cave de Tain est l’une des caves coopératives les plus réputées de la Vallée du Rhône. Elle a vinifié ici une magnifique syrah typiquement aromatisée à la cerise, au poivre noir et à la viande grillée. La bouche, jeune et moyennement corsée, révèle un support acide qui donne de l’élan à l’ensemble. La finale s’avère juteuse et persistante. Un excellent rapport qualité-prix. 17/20 

Morgon 2009, Château de Raousset, Beaujolais (15 $) –  Morgon est l’un des dix crus du Beaujolais, lesquels sont issus des meilleurs terroirs de cette appellation. Les crus du Beaujolais n’ont rien à voir avec le Beaujolais Nouveau que l’on boit en novembre : ils méritent qu’on les découvre. Cette cuvée de gamay est assaisonnée de petits fruits des champs, sur un fond subtilement floral et réglissé. D’ampleur impressionnante (imputable à la qualité extraordinaire du millésime), la bouche, moyennement corsée et croquante de fruit, révèle du panache et des courbes sensuelles. Belle interprétation du cépage gamay et de l’appellation Morgon.  16/20

Pomerol 2007, Christian Moueix, Bordeaux (25 $) – Le bouquet de ce bordelais, vinifié principalement avec du merlot, est marqué par de séduisantes odeurs de griotte rehaussées de tonalités de rafle et d’encens. Des saveurs juteuses et fraîches s’ensuivent sur une bouche tannique, pleine et ample. Il n’a pas une structure à tout casser, mais il est prêt à boire et sa convivialité en fait un beau vin d’appellation dans cette gamme de prix. 16/20

ITALIE

Brunello di Montalcino 2004, Mocali, Toscane (47 $) – Ce vin de sangiovese est une belle représentation du brunello traditionnel, c’est-à-dire misant plus sur l’élégance et les nuances que sur la puissance et la concentration. Son bouquet complexe semble aromatisé à la griotte, au doux tabac, à la noix grillée, aux fleurs séchées, à la terre fraîchement remuée et à l’espresso. En bouche, ce brunello moyennement corsé, bâti sur une trame tannique finement tissée, révèle un corps élancé et des proportions très classiques. Déjà agréable à boire dès maintenant, il laisse néanmoins entrevoir un long et bel avenir.  18/20

Barolo « Dardi Le Rose », Bussia 2005, Poderi Colla, Piémont (48 $ / nd SAQ) –  Cette incroyable cuvée piémontaise exhibe un bouquet évocateur aux senteurs de petits fruits rouges traversées d’un fin filet floral. La bouche exprime une personnalité vibrante, nourrie et authentique qui résume toutes les qualités de l’appellation. Sa structure élancée et racée est tout simplement épatante. Toutefois, les tanins imposants, sinon carrément rudes pour le moment, rappelle que les barolos ne sont pas vinifiés pour une consommation immédiate. Il faudra attendre au moins une décennie avant que cette cuvée ne révèle tous ses secrets.  17/20 

Le Serre Nuove, Bolgheri 2008, Tenuta dell’Ornellaia, Toscane (60 $ / 59 $ SAQ) – Cette cuvée vinifiée avec des cépages bordelais (cabernet sauvignon, merlot, cabernet franc et petit verdot), produite par l’un des domaines les plus réputés de Toscane, exhale des arômes volubiles de mûre et de cèdre fumé. Passablement corsée, tannique et encore bien ancrée dans sa jeunesse, il faut oublier cette fiole en cave pour au moins cinq ans. Pour l’instant, elle pèche par excès d’austérité et son prix me semble un peu élevé bien que justifié par la grande demande pour les vins d’Ornellaia. 17/20

La Vite Lucente 2008, Tenuta Luce della Vite, Toscane (40 $ / nd SAQ) –  Marqué par des senteurs de mûre, de prune rouge, de chêne torréfié, d’épices diverses et, à peine, de boîte à tabac, cet assemblage de merlot et de sangiovese dévoile une personnalité moderne qui cherche à épater par sa puissance et son exubérance. En bouche, les saveurs friandes et plantureuses laissent place à des tanins encore indisciplinés, lesquels s’assagiront avec le passage du temps.  17/20

Chianti Classico Riserva 2006, Marchese Antinori, Toscane (30 $ / nd SAQ) – Fortement coloré et dominé par des arômes de mûre, de chêne grillé, de terreau et de torréfaction, ce sangiovese présente un ensemble de facture moderne qui cherche à séduire un large auditoire. La bouche, tout aussi internationale en style, se prolonge sur une finale gourmande et charnue. Bien maintenant, certes, mais une garde de quelques années lui apporteront davantage de complexité et de texture. 16/20 

NOUVELLE-ZÉLANDE

Pinot Noir « River’s Edge » 2008, Margrain, Martinborough (23 $) – Le vin est délicatement aromatisé à la framboise imprégnée d’un soupçon de pétale de rose séché. Léger, sans toutefois être dénué de matière, et révélant des tanins souples, ce pinot noir néo-zélandais comble par sa convivialité et sa matière fruitée nette et éclatante. La Nouvelle-Zélande s’est d’abord démarquée sur les marchés d’exportation avec ses sauvignons blancs friands et peu dispendieux. Maintenant, elle semble vouloir répéter cet exploit avec ses pinots noirs. Cette cuvée de Margrain est certes un bel exemple du niveau de qualité des pinots noirs néo-zélandais.  16/20 


Vins liquoreux

PORTUGAL

LBV 2003, Quinta do Noval, Douro (22 $)  – Ce Late Bottle Vintage (LBV) vêtu d’une robe de couleur sang de boeuf révèle une grande expression aromatique d’où jaillissent de doux parfums de mûre écrasée, de pruneau, de gâteau au rhum et aux épices, de chocolat noir et de tabac. En bouche, on découvre des saveurs riches et rondes qui perdurent interminablement en finale. Un excellent spécimen de LBV. 17/20


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