Nouveaux arrivages de la LCBO – 2 octobre 2010

J’ai dégusté récemment une sélection de produits qui seront disponibles via la section Vintages (où sont vendus les produits plus « haut de gamme ») de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO) au courant du mois d’octobre. Ci-dessous, vous trouverez mes notes de dégustation pour les nouveaux arrivages qui seront disponibles en date du 2 octobre. Cette liste n’est pas exhaustive : plusieurs autres vins et spiritueux seront également mis en vente chez Vintages au courant du mois. Vous pouvez consulter la liste complète des produits sur le site Web de la LCBO.

Tous les prix inscrits ci-dessous sont pour des bouteilles de 750 ml, à moins d’indication contraire. Certaines de ces fioles sont également disponibles à la Société des Alcools du Québec (SAQ) : le prix y est indiqué avec le code SAQ. La mention « nd » indique soit que le produit sera disponible sous peu à la SAQ et que le prix n’était pas confirmé au moment de la publication de cette chronique, ou alors un autre millésime du même produit est présentement sur les tablettes de la SAQ.

Préférablement, vous devriez vérifier la disponibilité des produits avant de vous déplacer à votre succursale puisque les quantités sont parfois limitées.

Je vous invite à porter une attention particulière à mes Coup de cœur blanc et Coup de cœur rouge parmi les nouveaux arrivages du 2 octobre.


Système de notation

0-10 points — le vin affiche un défaut évident – en règle générale, je ne commente pas ces vins sur mon blog.

11-14 points — le vin est quelque peu déficient au plan qualitatif; malgré cela, si le prix vous convient, il peut vous apporter du plaisir.

15-16 points — cuvée bien vinifiée qui mérite votre attention si le prix vous convient.

17-18 points — cuvée hautement recommandable peu importe la plage de prix.

19-20 points — fabuleuse expérience bachique qui génère des émotions et qui laisse des souvenirs indélébiles. 


Vins blancs

CHILI

Sauvignon Blanc « Los Vascos » 2009, Domaine Barons de Rothschild (Lafite), Vallée de Casablanca (14 $) – Ce sauvignon blanc se reconnaît au nez à ses senteurs exubérantes de citron, de lime, de litchi, d’herbe fraîchement coupée et d’asperge. L’ensemble, caractérisé par une acidité tranchée au couteau et des saveurs franches, nettes et persistantes, révèle toute la typicité du sauvignon blanc chilien. Pour son excellent rapport qualité-prix et sa personnalité extravertie, j’en fais mon Coup de coeur blanc parmi les nouveaux arrivages du 2 octobre.  17/20

ESPAGNE

Gran Viña Sol 2008, Miguel Torres, Peñedés (15 $ / 17 $ SAQ) – À l’olfactif, ce chardonnay assemblé avec 15 % de parellada dégage de jolis parfums de pomme jaune, de beurre et de grillé, lesquels se poursuivent sur un palais moyennement corsé, aux bien ciselées et d’une bonne allonge. Une valeur sure, à tout coup.  15/20 

ÉTATS-UNIS

Chardonnay, Sonoma Coast 2008, La Crema, Californie (30 $ / 25 $ SAQ) – La Crema nous offre ici un chardonnay énergique au nez dominé par la pomme verte et le beurre fondu. La bouche présente des saveurs plus légères qu’à l’habitude, lesquelles s’étalent langoureusement sur un ensemble élégant et de style presque bourguignon. La finale est harmonieuse, ample et séduisante.  16/20 

GRÈCE

Thema 2009, Ktima Pavlidis, Vin de pays de Drama (Macédoine) (18 $) – L’assyrtiko est considéré comme le meilleur cépage blanc grec. Cette cuvée de Pavlidis, à base d’assyrtiko et de sauvignon blanc, est dominée par des caractéristiques franchement citronnées et entrelacées de légères notes de fines herbes (apportées par le sauvignon), de crème et de levure. La bouche révèle un ensemble léger mais expressif, sec et supporté par une acidité pondérée, le tout se concluant sur une finale modérée. Un vin sans fioritures qui demeure un bon choix pour un produit dans cette catégorie de prix.  15/20

ITALIE

Müller-Thurgau « Simboli » 2009, Casa Girelli, Trentino (13 $) – Le cépage müller-thurgau fut créé en 1882 par un chercheur suisse, Hermann Müller, qui croisa du riesling, pour sa qualité, et du silvaner, pour sa précocité, bien qu’on pense aujourd’hui que Müller aurait en fait croisé deux variétés de riesling. La cuvée Simboli s’avère d’une grande expression aromatique, évoquant le citron et la lime rehaussés d’un somptueux filet de levure. Sec en bouche et d’une désaltérante vivacité, ce joli müller-thurgau s’avère équilibré et il révèle une excellente allonge des saveurs. Il nous en donne beaucoup pour notre argent.  16/20

SLOVÉNIE

Traminer 2007, Dveri Pax, Stajerska (16 $) – La Slovénie, ancienne république de l’ex-Yougoslavie, est une zone viticole marginale. Le traminer est un cépage blanc de la même généalogie que le gewürztraminer, bien qu’il soit moins aromatique que son cousin. Cette cuvée de Dveri Pax respire les fruits à chair blanche ponctués de notes de poire, d’herbe et d’alcool. Au palais, on découvre un vin léger et sec, appuyé d’une acidité équilibrante. Rien d’époustouflant, mais cette fiole s’avère tout de même rassasiante pour ceux qui désirent élargir leur horizon vinicole.  14/20 


Vins rouges

CANADA

Syrah, Delaine Vineyard 2007, Jackson-Triggs, Péninsule du Niagara (30 $) – Habillée d’une robe rubis-pourpre dense, cette syrah ontarienne très expressive semble aromatisée à la mûre, au chêne grillé et au chocolat au lait, rehaussée de tonalités indéniablement épicées. La bouche révèle un vin moderne, corpulent et mûr, aux tanins encore un peu indisciplinés. Pour les amateurs de vins du Nouveau Monde, généreux et opulents.  15/20

ESPAGNE

 Mas Borràs 2008, Miguel Torres, Peñedés (30 $ / 32 $ SAQ) – Le bouquet de ce succulent pinot noir évoque la baie des champs fraîchement cueillie ponctuée d’une fine touche d’encens et de

Grappe de pinot noir

feuille de tabac séchée. La bouche, friande, harmonieuse et superbement expressive, révèle des tanins nobles et une belle allonge des saveurs. L’ensemble est joliment façonné et d’une grande précision aromatique. Éminemment racoleur et un modèle de pinot noir non-bourguignon, je le choisis comme Coup de coeur rouge parmi les nouveaux arrivages du 2 octobre.  18/20

La Vendimia 2008, Palacios Remondo, Peñedés (16 $ / nd SAQ) – Cette délicieuse cuvée ibérique, composée en parts égales de grenache et de tempranillo, déploie une palette aromatique dotée d’éclatants parfums de cerise, d’encens, de fleurs coupées et de poivre noir finement moulu. Le tout s’étale allégrement sur un palais moyennement corsé et modérément tannique, à la finale joyeusement poivrée. Équilibrée et éloquente, La Vendimia réussit remarquablement bien à conjuguer élégance et suavité.  18/20

ÉTATS-UNIS

Pinot Noir, Sonoma County 2007, Château St-Jean, Californie (30 $ / 30 $ SAQ) – Le bouquet de ce délectable pinot noir évoque la framboise encensée de fines tonalités de terre sèche et de cuir chevalin. La bouche, volubile et fluide, révèle des tanins souples et une belle persistance des saveurs. L’ensemble est sculpté avec précision. Le Château St-Jean a certes fait du beau boulot avec cette cuvée car il est difficile de vinifier du pinot noir sous un climat aussi chaud que celui de Sonoma. Incontestablement, un vin de plaisir hautement recommandable.  17/20

FRANCE

Moulin-à-Vent 2006, Château des Jacques (Louis Jadot), Beaujolais (28 $) – Moulin-à-Vent compte parmi l’un des dix crus du Beaujolais et produit des vins à base du cépage gamay; les crus du Beaujolais sont typiquement plus structurés et plus élégants que les Beaujolais génériques. Cette délectable cuvée de Jadot se démarque par ses parfums de cerise agrémentés d’envoûtantes notes florales. Au palais, on se laisse séduire par un vin frais et plutôt léger, sans qu’il soit dénué de matière ni d’expression aromatique, aux jolis rappels fruités en finale. Pour (re)découvrir cette appellation mésestimée.  17/20

Côte de Beaune « Les Mondes Rondes » 2007, Domaine Poulleau Père & Fils, Bourgogne (24 $) – Les arômes de ce pinot noir bourguignon sont portés sur les petits fruits des champs et le cuir chevalin. La bouche, friande, bien orchestrée et un peu moins animale qu’au nez, révèle des tanins nobles et une honorable persistance des saveurs. L’ensemble s’avère très convivial et accessible dans sa jeunesse. Plus un vin de consommation immédiate qu’un vin de garde, il fera toutefois un bon compagnon à la table, avec du gibier à plumes par exemple.  16/20

ITALIE

Barolo 2005, Paolo Scavino, Piémont (45 $) – Composée uniquement de nebbiolo, une spécialité piémontaise, cette sérieuse cuvée exhibe un bouquet évocateur dominé par la cerise fraîchement cueillie et rehaussé de jolis soupçons de rose, de menthe et de goudron. Dès la première gorgée, on se laisse d’emblée séduire par la finesse de ses tanins, l’harmonie de ses saveurs, la profondeur de sa matière fruitée et ses courbes sensuelles. Sa structure solide et élancée laisse croire que ce flacon vieillira en beauté pendant au moins deux décennies.  18/20

Brunello di Montalcino 2004, Banfi, Toscane (33 $ pour 375 ml / 36 $ SAQ pour 375 ml) – Ce vin de sangiovese est une belle représentation des brunellos traditionnels, c’est-à-dire misant davantage sur l’élégance et les nuances que sur la puissance et la concentration. Parfumé à la griotte et à la prune rouge et enveloppé d’un voile de tabac, de noix écrasée et d’encens,  ce succulent toscan révèle des proportions très classiques et une noble trame tannique tissée serrée. Voilà une expression irréprochable et triomphante du sangiovese, qu’il faudra toutefois attendre quelques années avant qu’il n’atteigne son zénith.  18/20

Valpolicella Classico Superiore 2001, Quintarelli Giuseppe, Vénétie (85 $ / 88 $ SAQ) – Voilà un Valpolicella haut de gamme, produit par l’un des viticulteurs les plus talentueux de la Vénétie. Le bouquet complexe est parsemé de doux arômes de cerise, de prune, de noix et de torréfaction. L’excellente palette aromatique se poursuit allégrement sur une bouche gourmande, riche, ronde et merveilleusement harmonieuse malgré ses 15 % d’alcool. La finale s’étire incroyablement longtemps, révélant toute la structure et la profondeur d’ensemble de ce nectar. Pas donné, certes, mais ça demeure une fiole de grande envergure.  18/20

Tenuta dell'Ornellaia

Bolgheri Superiore 2007, Tenuta dell’Ornellaia, Toscane (180 $ / 169 $ SAQ)

– Vinifié par l’un des domaines les plus prestigieux d’Italie, sinon du monde, l’Ornellaia a été l’une des premières bouteilles auxquelles on a donné le surnom « super-toscan », pour désigner des vins non-conformes à la DOC (Denominazione di Origene Contrallata), mais affichant un niveau qualitatif reconnu mondialement. L’édition 2007 est merveilleusement parfumée à la mûre, à la prune noire, à la fumée et au chêne torréfié. La bouche, passablement charnue, est bâtie sur une structure élégamment façonnée et appuyée de tanins granuleux. Un vin de garde et de qualité, certes, mais réservé aux riches collectionneurs d’étiquettes prestigieuses. Il deviendra tout à fait mémorable suite à une garde en cave d’au moins une décennie.  17/20

Cannonau di Sardegna 2008, Tharru, Sardaigne (14 $) – Cette délectable fiole, vinifiée avec du cannonau (nom italien du grenache), fait très petits fruits des champs, encens exotique et boîte à tabac. Les saveurs, merveilleusement dodues et expressives, sont encadrées de tanins fins et structurés. Le tout se conclut joyeusement sur une finale pleine et croquante. Une très belle représentation du grenache italien, accessible à toutes les bourses.  17/20

Barbaresco « San Cristoforo » 2006, Pietro Rinaldi, Piémont (45 $) – Voilà une cuvée de nebbiolo bien moderne avec ses saveurs de cerise infusée au café chocolaté. Issue d’un grand millésime, cette fiole à la structure élégante et aux tanins puissants laisse entrevoir un vin qui vieillira en beauté sur un horizon moyen à long (jusqu’à dix ans, sinon davantage). Le passage du temps bonifiera sans aucun doute cette cuvée encore bien ancrée dans sa jeunesse.  16/20

Brunello di Montalcino « Pian delle Vigne » 2005, Antinori, Toscane (65 $ / 65 $ SAQ) – Un très beau sangiovese, vinifié dans un style international, c’est-à-dire misant sur la volubilité des arômes et l’intensité des saveurs. Le Pian delle Vigne 2005 évoque la confiture de cerise saupoudrée d’un soupçon de tabac, de noix et de copeaux de bois. Très corsée et très mûre au palais, cette juvénile cuvée toscane, aux tanins gras et à la structure opulente, donnera plus en sagesse après une garde de sept ou huit ans.  16/20

Chianti Classico 2007, Santa Margherita, Toscane (20 $) – Ce vin de sangiovese laisse échapper des odeurs de cerise mûre nuancées de tonalités noisettées et torréfiées. Moyennement corsées et modérément tanniques, les saveurs s’étalent sur une structure jeune mais tendre.  15/20

Rosso di Montalcino 2007, Cantine Luciani, Toscane (20 $) – Les senteurs de cet autre sangiovese évoquent la griotte infusée aux pétales de fleurs sauvages. La bouche, moyennement corsée, révèle de bons rappels des arômes, des tanins bien dosés bien qu’un peu asséchants, de même qu’une personnalité distincte et avenante.  15/20

LIBAN

Musar Jeune 2008, Château Musar, Vallée de Beeka (18 $) – Cet assemblage de cinsault, de syrah et de cabernet sauvignon qui n’a pas touché le bois dévoile un bouquet très volubile d’où s’échappe un tourbillon de framboise, de réglisse rouge et d’essence florale. Les saveurs, moyennement corsées et juteuses, sont encadrées d’une trame tannique plus imposante qu’on s’y attendrait pour un vin non boisé (outre la peau des raisins et la rafle, les tanins sont typiquement transmis par la barrique de chêne). Le terme « Jeune » est inspiré du terme espagnol « Joven », lequel désigne des vins qui sont vinifiés pour être bus dès leur commercialisation. 15/20

Cet article a été publié dans Notes de dégustation. Ajoutez ce permalien à vos favoris.