Ferraton Père & Fils

En mars 2010, j’ai eu le grand plaisir de déguster, au Salon des Vins et Spiritueux de Montréal, une sélection de vins du domaine viticole Ferraton Père & Fils

Ferraton Père & Fils est une entreprise familiale sise à Tain l’Hermitage, dans la vallée du Rhône, qui existe depuis 1946. Jean Ferraton, fils de vigneron, a cultivé ses premières vignes dans les appellations Hermitage et Crozes-Hermitage; son fils Michel y ajouta des parcelles en Saint-Joseph. Aujourd’hui, c’est le petit-fils Samuel qui gère le domaine. En 1998, Ferraton fut vendu à la maison Chapoutier, bien que le domaine soit encore géré de façon autonome par la famille Ferraton. Par la même occasion, le domaine adhéra aux pratiques de biodynamie (agréé ECOCERT). Aujourd’hui, Ferraton cultive la vigne dans toutes les appellations de la vallée du Rhône septentrional de même qu’à Châteauneuf-du-Pape et en Côtes-du-Rhône, au sud de la vallée.

Les vins de Ferraton sont caractérisés par une élégance incomparable, alliant un fruité bien défini et une utilisation judicieuse de la barrique de chêne. Tous les vins sont embouteillés sans filtration et sans collage.

Pour plus d’information sur les vins de Ferraton, visitez leur site web au www.ferraton.fr


Notes de dégustation

Quelques-uns des vins commentés ci-dessous ne sont disponibles qu’en importation privée (IP). Toutefois, les crus de Ferraton sont périodiquement distribués dans les réseaux de la Société des alcools du Québec (www.saq.com) et de la Liquor Control Board of Ontario (www.lcbo.com). Il est à noter que les millésimes 2005, 2006 et 2007 sont hautement qualitatifs dans la vallée du Rhône; ainsi, les meilleurs crus qui en sont issus sont prédisposés à un long et bel avenir.

Vins blancs :

Saint-Joseph « La Source » 2007 (29 $ SAQ) – Cette cuvée aromatique de marsanne s’avère tout à fait charmante avec ses douces senteurs d’agrumes frais complexifiées par un soupçon de fruits mûrs presque mielleux (ananas, fruit de la passion, mangue). On découvre au palais des saveurs à l’avenant soutenues par une acidité équilibrée, le tout se concluant sur une finale sèche, persistante et adorablement fruitée. MIAM

Condrieu « Les Mandouls » 2007 (62 $ SAQ) – Voilà un vin plein et rond, aux parfums évocateurs de pêche blanche, de litchi, de minéral et de champignon blanc frais. Au palais, cette cuvée composée uniquement de viognier se révèle modérément charnue et particulièrement élégante, s’achevant joyeusement sur une fin de bouche minérale. Pas donné, certes, mais c’est du beau Condrieu. MIAM

Vins rouges :

Toutes les cuvées ci-dessous sont composées de syrah, à l’exception du Châteauneuf-du-Pape, lequel est un assemblage dominé par le grenache.

Crozes-Hermitage « La Matinière » 2006 (25 $ SAQ / 22 $ LCBO) – Le nez de cette syrah est doté de séduisantes senteurs de baies des champs et de poivre finement moulu, rehaussées d’engageantes tonalités de fumée et de gibier. La bouche, moyennement corsée et friande, révèle une structure finement ciselée et encadrée de tanins nobles; elle se conclut sur une finale aux heureux et persistants rappels des arômes. Un Crozes sympathique et convivial à la table. MIAM

Saint-Joseph « La Source » 2006 (28 $ SAQ / 27 $ LCBO) – Cette autre cuvée de syrah dégage des aromates très typiques à l’appellation Saint-Joseph : groseille, viande grillée, épices et réglisse. La bouche, moyennement corsée et modérément tannique, se révèle juteuse et croquante. L’ensemble est appuyé d’une acidité saine et digeste qui rend le vin des plus amiables. Un succulent Saint-Joseph. MIAM

Châteauneuf-du-Pape « Le Parvis » 2005 (38 $ SAQ) – Le nez volubile et séduisant de ce rhodanien méridional est porté sur la baie des champs, la prune et la torréfaction. La bouche déploie par paliers des saveurs élégantes et relevées d’une bonne acidité. L’ensemble, bien que raffiné, est pourvu d’une puissance bien typique à l’appellation : voilà un Châteauneuf-du-Pape hautement recommandable. MIAM

Cornas « Les Grands Mûriers » 2007 (57 $ IP) – Magnifique syrah aromatisée au cassis  et entrelacée d’un charmant filet d’épices, de graphite et de gibier. La bouche, jeune, moyennement corsée et modérément tannique, se termine sur un registre indéniablement épicé et viandé. Un Cornas brillamment vinifié par Ferraton. Bravo! MIAM

Côte-Rôtie « L’Églantine » 2006 (84 $ IP) – Une palette aromatique complexe compose le nez de cette Côte-Rôtie, alliant à merveille groseille, cassis et truffe, saupoudrés d’un exquis soupçon de poivre noir finement moulu et de cuir tanné. Cette grandiose cuvée de syrah se signale par son caractère épanoui et fin, son élégance racée et ses courbes sensuelles. Bien qu’il soit déjà difficile de lui résister, ce cru rhodanien est promis à un long et bel avenir. WOW!

Hermitage « Les Miaux » 2006 (86 $ SAQ) – Le bouquet de cette syrah est doté de séduisantes senteurs de mûre et de chêne torréfié, rehaussées d’engageantes tonalités épicées et florales. La bouche, moyennement corsée et sapide, révèle une structure sculptée avec précision et encadrée de tanins nobles, le tout se poursuivant jusqu’à une finale aux heureux et persistants rappels torréfiés. Un Hermitage vinifié dans un style moderne et encore terriblement ancré dans sa jeunesse; il évoluera avec grâce sur un horizon d’au moins deux décennies. Il reste quelques bouteilles du 2005 à la LCBO. MIAM

Ermitage « Les Dionnières » 2006 (109 $ IP) – Du verre jaillissent de somptueux arômes évoquant les petits fruits rouges entrelacés d’envoûtantes tonalités de cuir tanné, de grains de café grillés et de violette fraîchement cueillie. Bâtie sur une structure d’envergure et soutenue par une trame tannique finement tissée, cette extraordinaire cuvée laisse des souvenirs indélébiles. L’archétype du grand Ermitage (synonyme historique de Hermitage). Il reste quelques bouteilles du 2005 à la SAQ. WOW!

Ermitage « Le Méal » 2006 (148 $ IP) – Cet Ermitage enchante par son bouquet parfumé au cassis bien juteux et au gibier, ponctués d’un judicieux soupçon grillé. Les saveurs, amples et harmonieuses, sont épaulées par des tanins au grain serré et une structure remarquable. Le Méal est le porte-étendard de la maison Ferraton : un peu sévère et unidimensionnel dans sa jeunesse, il se transforme en un joyau inestimable après au moins dix ans de garde. Il reste quelques bouteilles du 2005 à la SAQ et à la LCBO. WOW!

Accords mets-vins 

Essayez le Saint-Joseph blanc avec des cuisses de grenouille aux fines herbes, un feuilleté d’escargots, un cocktail de crevettes ou des fruits de mer grillés. Le Condrieu assure un accord réussi avec des huîtres, du homard, des poissons à chair rosée tel le saumon ou alors un poulet au vin blanc. Les vins de syrah de Ferraton s’harmonisent à merveille avec un tournedos sauce aux champignons, un rôti de cervidé, un civet de lapin ou un bœuf bourguignon. Le Châteauneuf-du-Pape fait un heureux mariage avec une terrine de gibier, un filet de bœuf ou de cervidé grillé, des rognons de veau ou des fromages pâtes molles à croûte fleurie tels le Pont l’Évêque.

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