Barbera

Le barbera est un cépage rouge productif qui révèle diverses facettes de sa personnalité selon la zone de vitification et le style de vin recherché par le maître des chais. Le barbera, avec le sangiovese, est

l’une des variétés de raisin à grains noirs les plus cultivées en Italie. Il est surtout planté dans le Piémont, une zone viticole au nord-ouest du pays.

La région du Monferrat dans le Piémont est considérée comme le berceau du barbera, bien que des études ampélographiques tendraient plutôt à prouver que le barbera est issu de la Lombardie, une zone viticole juste à l’est du Piémont. Ce mêmes études ont établi des liens familiaux entre le barbera et le cépage français mourvèdre.

Le barbera est une variété qui mûrit relativement tard, en général deux semaines après le dolcetto, un autre cépage piémontais populaire. Le barbera est caractérisé par une franche et saine acidité qu’il conserve même lorsque le raisin est bien mûr. De par ce fait, il s’adapte bien aux climats chauds. Étant

Une grappe de barbera

donné sa popularité et sa grande polyvalence et surtout parce qu’il est produit en quantité importante, le barbera est souvent considéré comme le « vin du peuple » du Piémont. En effet, plus de la moitié du vignoble piémontais est planté avec de vignes de barbera; de plus, 70 % du vin de table piémontais est vinifié avec ce cépage convivial.

Il est parfois difficile de s’y retrouver dans les styles de vin à base de barbera : il est parfois frais et vif, parfois puissant et digne d’être conservé en cave pendant de longues années. Une telle variété de styles est imputable à la diversité des sols (composés en grande partie de marnes calcaires parfois mêlés de sable et d’argile) et des mésoclimats. La réglementation italienne contribue également à cette diversité, autorisant encore des rendements trop élevés, jusqu’à 70 hectolitres par hectare; ces rendements élevés tendent à générer un style de barbera mince et dénué d’intérêt.

Malgré cette diversité stylistique, il existe plusieurs points en commun entre les cuvées de barbera : d’abord, une couleur rubis profonde (d’ailleurs, on ajoutait autrefois du barbera aux vins de Barolo et de Barbaresco pour rehausser leur couleur), puis du corps mais peu de tanins et cette acidité franche qui apporte fraîcheur et tenue au vin.

Il existe trois principales aires viticoles dans le Piémont où l’on cultivent du barbera, chacune ayant droit à sa DOC (Denominazione di origine controlata), soit Alba, Asti et Monferrato, les meilleures cuvées étant typiquement issues d’Alba et d’Asti. Lorsque le moût vieillit plus d’un an en barriques de chêne à Asti et Alba et plus de deux ans à Monferrato, les fioles peuvent porter la mention Superiore sur leur étiquette.

Dans les années 1980, soit à la même période où sont nés les « supertoscans », les viticulteurs de barbera ont adopté l’élevage en fûts de chêne de petite capacité, lesquels imputent davantage de caractéristiques fumées et épicées au vin, en plus d’augmenter leur structure tannique et de diminuer leur apport acide. Ces vins dits « modernes » sont avant tout le fruit de faibles rendements et d’une vinification soignée; toutefois, leur style déconcerte parfois les amateurs de barbaras traditionnels, plus légers et plus restreints.

Le barbera est peu cultivé à l’extérieur du Piémont. On trouve toutefois des pieds de barbera en Lombardie, dans l’ex-Yougoslavie, en Slovénie, en Argentine, en Californie et au Mexique.

Parmi les meilleurs producteurs piémontais de barbera qui exportent leurs produits au Canada, l’on compte : Giacomo Ascheri, Bava, Bersano, Giacomo Bologna, Ceretto, Pio Cesare, Michele Chiarlo, Aldo Conterno, Fontanafredda, Gaja, Silvio Grosso, Marchesi di Gresy, Mauro Molino, Prunotto et La Spinetta. À l’extérieur du Piémont, Bonny Doon s’est démarqué aux États-Unis de même que Nieto Senetiner et Norton en Argentine.

Les vins de barbera s’accordent bien avec les terrines de gibier, le risotto aux champignons, la lasagne, les spaghetti à la viande, les cannelloni, le bœuf bourguignon, les viandes rouges rôties et sautées, le veau au vin rouge, le poulet à la ratatouille et les pâtes molles à croûte fleurie telles que le brie, le camembert et le coulommiers.

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