Les 10 plus grands mythes du vin

1. Le vin est mauvais pour la santé

Le vin consommé de façon responsable est, au contraire, bénéfique pour la santé. Une multitude d’études indépendantes ont dévoilé qu’une consommation quotidienne d’au plus un verre de vin rouge par jour pour les femmes et de deux verres pour les hommes décroît de façon considérable les risques de maladies cardiovasculaires. Plusieurs études ont également démontré qu’une consommation modérée de vin, lequel contient des anthocyanes, aide à prévenir certains types de cancer de même que la démence. Toutefois, une consommation excessive de vin annule tous ses bénéfices potentiels sur la santé et peut même causer des dommages irréparables, entre autres, au foie.

2. Le dépôt est un défaut du vin

On trouve parfois dans le vin des sédiments en suspension, autrement dit du dépôt. Le dépôt est constitué, au début de la vinification, de cellules de levure mortes et des résidus non solubles de la pulpe du raisin et des pépins. Par la suite, il se compose de tartrates et, dans les vins rouges, de polymères phénoliques. Il est rare de trouver des dépôts dans les vins jeunes; puisque plusieurs consommateurs considèrent à tort le dépôt comme un défaut du vin, les vignerons filtrent souvent le vin destiné à une consommation rapide. D’un autre côté, les vins destinés à une longue garde présentent souvent des cristaux de tartrates d’une couleur blanche dans les vins blancs et d’une couleur rouge ou noire dans les vins rouges. Le dépôt est un constituant naturel du vin : il indique en fait que le vin est de qualité et il aide grandement à accroître les qualités aromatiques du vin. Il est coutume de décanter le vin qui contient du dépôt avant de le servir.

3. Le vin rosé est un mélange de vin blanc et de vin rouge

La couleur du vin provient du contact du moût (jus) avec la peau rouge ou noire du raisin. La technique la plus employée pour transmettre la couleur au vin est celle d’une macération du moût (courte pour les vins rosés et longue pour les vins rouges) avec les pellicules des raisins rouges juste après le foulage, afin d’extraire des anthocyanes (pigments colorants). Le jus est ensuite séparé des pellicules par égouttage ou pressurage. Bien que ce qui précède est presque toujours vrai, il existe toutefois des exceptions (ce qui rend ce mythe un demi-mythe). La Champagne est l’une des rares appellations d’origine à être autorisées à vinifier des rosés par la méthode de l’assemblage de vin rouge et de vin blanc.

4. Le vin bouchonné est néfaste pour la santé

Le « goût de bouchon » prend sa source dans le trichloranisole-2,4,6 (TCA), un composant malodorant qui impute des odeurs indésirables au vin, souvent par l’entremise du bouchon de liège. Un vin bouchonné peut sembler renfermé sur lui-même, dénué de charme ou évoquer en vous l’image de vieux papiers à journaux, de cave humide ou de moisissure. Un vin contaminé au TCA n’est aucunement nocif pour la santé; toutefois, il peut laisser en vous une amère sensation de déception, particulièrement lorsque vous le servez à des invités de marque. 

5. Le vin dans les bouteilles encapsulées est de moindre qualité que celui dans les bouteilles obturées avec du liège naturel

Pendant longtemps, cette affirmation a été un fait plutôt qu’un mythe alors qu’à ses débuts la capsule dévissable était uniquement utilisée pour les boissons bas de gamme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’utilisation des formes alternatives de bouchage ne se limite plus aux vins bas de gamme : de plus en plus de vignerons produisant des vins haut de gamme joignent les rangs des promoteurs de la capsule dévissable. Ainsi, PlumpJack de la vallée de Napa utilise la capsule dévissable pour son vin haut de gamme qui se détaille à 150 $ US la bouteille. Dans la même veine, André Lurton, du Château Couhins-Lurton à Bordeaux, vend dorénavant son vin blanc sous capsule dévissable. De nos jours, la capsule dévissable gagne beaucoup de terrain : par exemple, 65 % des vins tranquilles (sans bulle) de la Nouvelle-Zélande sont dorénavant scellés par une capsule dévissable plutôt que par un bouchon de liège traditionnel.

6. Le vin bio est meilleur pour la santé

La culture dite biodynamique minimise l’utilisation d’engrais chimiques dans les vignobles. Il n’y a aucune étude concluante qui démontre que le vin issu d’une culture biodynamique est meilleur pour la santé humaine. Toutefois, les vignerons qui exercent la culture biodynamique vous diront que les effets positifs sur l’environnement sont certes mesurables.

7. Les vins vieux sont meilleurs que les vins jeunes

Il est fascinant de voir ces rares et vieilles bouteilles vendues à des prix faramineux dans les enchères, comme des oeuvres d’art. Mais les vins vieux de qualité sont plus rares que les vieilles pièces de monnaie en bon état car le vieillissement du vin est beaucoup plus aléatoire. Les conditions d’entreposage sont critiques dans l’évolution d’un vin, autant que la qualité du vin lors de sa conception. Il faut aussi se rappeler que le vin est vivant, c’est-à-dire qu’il naît, qu’il vieillit et qu’il meurt. Il existe des façons d’estimer lorsqu’un vin atteint son apogée; toutefois, en cas de doute, il est préférable de boire un vin trop jeune qu’un vin trop vieux. Il faut également prendre en compte les goûts personnels; certaines personnes préfèrent les vins jeunes qui portent principalement sur le fruit, alors que d’autres recherchent les goûts dits « tertiaires », c’est-à-dire ceux qui émergent suite à un vieillissement plus ou moins long du vin en bouteille, tels que le sous-bois et le tabac.

8. Le vin vieilli en fûts de chêne est meilleur

L’association entre le chêne et le vin date de l’époque où les fûts de chêne étaient le seul moyen d’entreposer et de transporter le précieux liquide. De nos jours, la barrique de chêne est un moyen comme un autre, bien qu’il soit également un symbole de statut. Le fût de chêne peut aider certains vins à acquérir davantage de complexité et de grandeur, en autant que le chêne soit de qualité et que le producteur sache comment l’utiliser. Toutefois, certains cépages qui donnent des vins plus légers ne supportent pas toujours bien le bois. Il arrive aussi que le vinificateur surboise ses vins, soit pour cacher un défaut du vin ou soit pour satisfaire un segment particulier de consommateurs qui recherchent les goûts prononcés de bois, de chocolat ou de vanille. En bout de ligne, certains des plus grands vins de ce monde sont boisés, alors que d’autres ne le sont pas. Ce qui importe davantage, c’est la qualité du raisin et l’équilibre d’ensemble du vin.

9. Dom Pérignon a inventé le Champagne

Bien que l’on attribue souvent l’invention du Champagne au moine bénédictin Dom Pérignon, l’Histoire retient qu’il n’est pas celui qui a eu la brillante idée d’incorporer des bulles magiques aux vins champenois. Dom Pérignon a toutefois grandement contribué à faire connaître cette magnifique boisson. La production de Champagne s’est fait un peu par hasard au 17e siècle : à cause des hivers froids de la Champagne, les vins avaient tendance à cesser de fermenter avec la venue de la froidure, puis la fermentation reprenait au printemps alors que le vin était déjà embouteillé. On nomme ce phénomène « seconde fermentation ». Ce phénomène était bien ennuyeux pour les vignerons car le gaz carbonique qui se dégage lors de cette seconde fermentation faisait éclater une bouteille sur deux. L’utilisation de bouteilles plus solides et de muselets ont contribué à mieux contenir ces « saute-bouchons » ou « vins diables », tel qu’on surnommait le Champagne à cette époque.

10. Le prix est une garantie de qualité

Bien qu’il soit vrai que la qualité vient à un prix, le contraire n’est pas nécessairement véridique. Il faut savoir que les raisins qui proviennent des meilleurs terroirs et l’utilisation de méthodes de vinification plus « haut de gamme » par les vignerons génèrent des coûts de production plus élevés, lesquels sont retransmis aux consommateurs. Toutefois, certains vins ne sont que simplement surévalués; c’est en bout de ligne une question d’offre et de demande (ce que les économistes appellent les forces du marché). C’est pourquoi certains vignerons, prenant avantage de la dynamique des marchés, produisent des « micro-cuvées », soit une marque de vin en très petites quantités, forçant certains types de consommateurs à surenchérir pour acquérir les rares fioles, ce qui cause une flambée des prix. Le mieux pour des consommateurs comme vous et moi est d’identifier les appellations qui offrent de bons rapports qualité-prix, telles que le Chili, l’Argentine et le sud de la France.

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