Bordelais

Le Bordelais est une région viticole qui doit son nom à la ville et au port fluvial de Bordeaux. Avec une superficie de 107 000 hectares de vignes, le Bordelais compte environ 13 000 producteurs, lesquels commercialisent en moyenne 660 millions de bouteilles annuellement. Cela représente à peu près le quart de la production totale des vins d’appellation contrôlée de France. Près de 75 % de la production bordelaise se fait dans le rouge, avec près du quart réservé aux vins blancs doux et secs. De très petites quantités de vins rosés et de mousseux complètent la balance.

Le Bordelais compte 54 appellations d’origine contrôlées, les plus prestigieuses étant :

  • sur la rive gauche du fleuve Gironde – Margaux, Pauillac, Saint-Estèphe, Saint-Julien, Pessac-Léognan et Haut-Médoc
  • sur la rive droite du même fleuve – Saint-Émilion, Pomerol et Lalande de Pomerol
  • sans compter la célèbre appellation de Sauternes qui produit le fameux vin de dessert blanc du même nom, incluant le divin nectar du Château d’Yquem.

Un système de classement de la qualité des vins du Médoc et des Graves a été créé en 1855 par le négoce bordelais à l’invitation de Napoléon III pour l’Exposition universelle de Paris. Ce classement comprend 62 châteaux de la rive gauche de Bordeaux, répartis en cinq catégories, soit du premier au cinquième grand cru. Le système de classement de 1855 a été basé principalement sur le prix de vente de ces grands crus à l’époque, le principe mercantiliste voulant qu’il y ait une relation directe entre la qualité d’un vin et son prix de vente. Le classement n’a été modifié qu’une seule fois, en 1973, pour permettre au Château Mouton-Rothschild (Pauillac) de parvenir au rang de premier cru et de rejoindre le Château Lafite-Rothschild (Pauillac), Château Latour (Pauillac), Château Margaux (Margaux) et Château Haut-Brion (Pessac-Léognan). Bien que ce système de classement ait été remis en question à maintes reprises depuis 1855, personne n’a trouvé de meilleur système de classement qui fasse l’unanimité.

Le cépage le plus célèbre du Bordelais est sans conteste le cabernet sauvignon, mais c’est le merlot qui détient la palme au plan de la quantité de vignes plantées, occupant 40 % de la superficie viticole. Les vins de Bordeaux sont presque toujours des assemblages, avec le cabernet sauvignon dominant sur la rive gauche de la Gironde et le merlot dominant sur la rive droite. Les vins rouges de Bordeaux peuvent également inclure une quantité plus ou moins importante des cépages cabernet franc, petit verdot, malbec et carmenère, tandis que les vins blancs sont typiquement un assemblage des cépages sauvignon blanc, sémillon et/ou muscadelle. La culture de plusieurs variétés permet d’atténuer les conséquences d’aléas climatiques aussi désastreux que ceux qui frappèrent le merlot en 1984 et en 1991 et le cabernet sauvignon en 1992.

À surveiller présentement sur le marché, les millésimes suivants (un millésime étant l’année de la récolte) :

2000 – des vins sublimes, opulents, à la faible acidité ce qui rend leur consommation bien agréable dans leur jeunesse, mais très chers à cause de la qualité légendaire du millésime, considéré par la critique internationale comme l’un des plus grands millésimes depuis 1961 (année mythique dans le Bordelais).

2001 –  des crus classiques, racés, structurés, un peu austères et passablement tanniques pour l’instant, mais à l’excellent potentiel de vieillissement

2003 – issus d’un millésime très chaud (vous vous rappeler de la canicule estivale qui tua des milliers de Français…), ce qui a réduit les rendements mais produits des vins exceptionnels, surtout sur la rive gauche

2005 – maintenant en vente via le système d’achat en primeur; on anticipe également que ce millésime sera l’un des plus grands depuis 1961.

Bordeaux est la seule région viticole au monde qui utilise systématiquement le système d’achat en primeur, lequel permet aux acheteurs de placer leur commande avant même que les vins aient terminé leur phase de vieillissement et que la production soit exportée vers les marchés mondiaux. Étant donné le volume limité dans lequel certaines cuvées sont vinifiées, ce système assure à l’acheteur d’obtenir une certaine quantité de ces précieux nectars, souvent à un meilleur prix qu’il pourrait les acheter à leur arrivée sur le marché (mais pas toujours, comme l’a prouvé le millésime 1997).

Les meilleurs vins rouges du Bordelais se distinguent par leur capacité à s’épanouir au fil des années et à profiter d’un vieillissement en bouteille qui peut parfois se prolonger pendant des décennies. Les vins de Bordeaux sont également mythiques auprès des connaisseurs parce qu’ils nous font mieux comprendre pourquoi la qualité du vin est le résultat de l’osmose entre le sol, le climat, la vigne et le travail de l’Homme. C’est à Bordeaux que le mot « terroir » prend toute sa signification. C’est à Bordeaux également que sont issus plusieurs des grands mouvements de pensée de l’oenologie moderne grâce à l’influence progressiste d’oenologues influents tels qu’Émile Peynaud, Denis Dubourdieu et Michel Rolland. Bordeaux est synonyme de modèle à émuler pour beaucoup de vignerons, autant en Europe que dans le Nouveau Monde, car peu d’autres vins sont autant synonymes de finesse et de richesse que les crus du Bordelais.

Carte viticole du Bordelais

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