Le vin au Canada – un aperçu

L’explorateur viking Leif Ericsson quitte la Norvège en l’an 1001 de notre ère pour débarquer quelque part sur le continent nord-américain. Il nommera cet endroit Vineland, c’est-à-dire « Terre des vignes ». Des écrits historiques indiquent que cette « Terre des vignes » est en fait L’Anse aux Meadows au nord de Terre-Neuve.

Quoi! Des vignes à Terre-Neuve ? Eh oui, et pas juste à Terre-Neuve : les vignes poussent à l’état sauvage dans plusieurs régions canadiennes, bien que peu d’entre elles puissent produire du vin de qualité. En effet, les vignes canadiennes appartiennent aux familles vitis labrusca et vitis riparia, lesquelles s’adaptent bien aux rudes hivers canadiens, mais elles ont néanmoins tendance à transmettre au vin des qualités « animales » peu attrayantes, du genre fourrure d’animal mouillée. Malgré cela, les missionnaires jésuites, nos premiers vignerons canadiens, surent s’en accommoder : en effet, à défaut de pouvoir importer suffisamment de vin européen, ils durent vinifier leur propre vin de messe sur l’Île d’Orléans dès le début du 17e siècle.

Vignes du Niagara destinées à la production de vin de glace, une spécialité canadienne

Aujourd’hui, la majorité des vignes plantées au Canada proviennent de souche européenne, c’est-à-dire appartenant à la famille vitis vinifera, laquelle produit des raisins de qualité, tels que le cabernet, le merlot et le chardonnay.

Il existe quatre principales zones viticoles au Canada, soit la péninsule du Niagara en Ontario (5 800 ha), la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique (5 000 ha), la région de l’Estrie au Québec (115 ha) et la vallée d’Annapolis en Nouvelle-Écosse (60 ha). Au Québec et en Nouvelle-Écosse, la production est encore marginale et écoulée localement. Dans les régions du Niagara et de l’Okanagan, c’est une toute autre affaire : l’industrie vinicole s’y est développée à un rythme faramineux depuis vingt ans, grâce à de massifs investissements domestiques et internationaux. Le Canada s’est d’ailleurs taillé une solide réputation mondiale en tant que producteur de vin de glace de qualité (mais ça, c’est le sujet d’un autre article).

Pourquoi le vin provient-il principalement de ces deux régions plutôt qu’ailleurs au pays ? La réponse réside dans les conditions climatiques. Pour que la vigne puisse produire du raisin présentant une teneur minimale en sucre, il faut beaucoup de chaleur solaire à partir de la floraison de la vigne au printemps jusqu’à la cueillette des raisins à l’automne. Le Niagara et l’Okanagan, tous les deux situés au sud du pays, bénéficient chacun d’un micro-climat plus tempéré que le reste du pays, ce qui favorise une croissance sanitaire optimale de la vigne.

Pour terminer, je vous encourage à vous laisser tenter par l’agrotourisme en planifiant une visite d’un vignoble canadien – l’été et l’automne sont idéaux pour cette activité. De nos jours, la plupart des vignobles offrent à longueur d’année des visites guidées, des dégustations sur place et des boutiques-souvenirs afin d’attirer les touristes. Pour de plus amples renseignements, visitez les sites Web suivants :

Niagara – www.wineroute.com (anglais);

Okanagan – www.okanaganwine.ca (anglais);

Estrie – www.vignerons-du-quebec.com (français)

Nouvelle-Écosse – www.winesofnovascotia.ca (anglais).

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