Une histoire de vin

Selon la légende, la découverte du vin s’est faite par hasard. On aurait oublié des raisins dans une jarre : sous l’effet de la chaleur ambiante, une fermentation du moût (ou jus de raisin) aurait eu lieu, produisant ainsi le précieux nectar.

C’est vers l’an 3 000 avant J.-C. que le vin fait son apparition en Égypte. Plus tard, les Grecs, un peuple de grands navigateurs et de commerçants, auraient introduit la vigne en Italie. Puis, les Romains l’ont transportée vers les pays conquis, incluant la France, il y a environ 2 500 ans. On peut dire que le vin a prospéré au gré des invasions et des empires.

Au Moyen-Âge, c’est l’expansion du christianisme et des ordres religieux qui a permis à la vigne de se propager à travers le monde. Plus récemment, c’est la science moderne qui a été le facteur le plus déterminant dans le développement de l’industrie vinicole.

À ses débuts, le vin était entreposé dans des amphores, sujet aux variations de température et à l’effet nocif de l’oxygène : le vin, fragilisé, devait être consommé peu de temps après sa production. L’invention de la bouteille de verre et du bouchon de liège en France au 18e siècle, de même que le développement des techniques de pasteurisation au 19e siècle, auront changé tout cela en permettant une meilleure conservation du vin. L’expansion du chemin de fer au 19e siècle aura considérablement facilité le transport du vin sur de grandes distances en peu de temps, contribuant à son tour à l’accélération des échanges commerciaux et la croissance de l’industrie vinicole.

Des amphores, antique méthode de conservation du vin

Pendant longtemps, la culture de la vigne se limita aux régions (principalement européennes) où le climat tempéré procure des conditions favorables à la fermentation naturelle du moût. L’innovation au plan des techniques de réfrigération et de climatisation des chais (genre de caves où l’on entrepose le vin pendant et après la fermentation du vin) aura permis aux régions plus chaudes de produire à leur tour ce merveilleux dérivé du raisin, par exemple en Californie et en Amérique du Sud.

Depuis les années 1960, la science aura également permis d’approfondir considérablement nos connaissances sur le vin et ses effets sur la santé. La découverte la plus importante du 20e siècle aura certainement été la prise de conscience du « paradoxe français » : le peuple français, réputé pour sa consommation régulière de vin et de mets riches, est néanmoins en meilleure santé que les nord-américains. En 1991, l’émission américaine 60 Minutes diffusa un reportage sur le résultat de récentes recherches scientifiques démontrant l’effet positif d’une consommation modérée de vin sur la santé. En effet, le vin, surtout le rouge, contient des polyphénols, lesquels contribuent à diminuer de façon remarquable les risques de maladie cardio-vasculaire. Ce reportage changea radicalement la perception des nord-américains vis-à-vis cette boisson alcoolisée.

À plusieurs reprises dans l’histoire du vin, son existence a été sérieusement compromise tour à tour par les maladies de la vigne, les guerres, la Prohibition et la stigmatisation sociale de l’alcool en général. À travers les siècles, le vin, cette boisson à la fois mythique et mystifiée, aura été considéré comme dangereux et hérétique par certains, comme plaisir hédoniste et source d’inspiration par d’autres. Peu importe que l’on choisisse ou non de l’intégrer à ses habitudes alimentaires et sociales, le vin au 21e siècle est plus démystifié et déstigmatisé que jamais dans son histoire.

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